1. 0216 L’amour ne vit plus ici.


    Datte: 06/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    Pendant la balade à cheval, en milieu d’après-midi, il fait très chaud. Et nous n’avons plus d’eau, ni Jérém, ni moi. Ni même Charlène.
    
    « Et il nous reste au moins deux heures avant d’arriver chez moi » fait cette dernière.
    
    « On aurait dû prendre davantage d’eau » regrette Jérém.
    
    « C’était pas prévu qu’il fasse si chaud » fait Charlène, avant d’enchaîner « et en plus j’ai l’impression qu’Unico boîte ».
    
    « C’est pas qu’une impression. Ca fait un petit moment que je le sens sensible des pieds ».
    
    Et, ce disant, mon bobrun descend illico de son étalon, il lui attrape le pied et regarde à l’intérieur du sabot.
    
    « Y a un clou du ferrage qui est en train de se barrer. Il faudrait le déferrer ».
    
    « Tiens, j’ai une idée. On arrive à la ferme de Florian. On va se faire payer un coup à boire et se faire prêter des outils pour le déferrer… ».
    
    « Florian, l’ex de Loïc ? » je demande.
    
    « C’est ça. C’était un cavalier lui aussi, avant la rupture avec Loïc, il y a un an… non, deux ans déjà, le temps file si vite. En plus, ça me fera plaisir de lui faire un petit coucou, ça fait un moment que je ne l’ai pas vu. ».
    
    Dans mon for intérieur, je suis curieux de rencontrer ce Florian. Dès que j’en ai entendu parler par Charlène et Martine, j’ai eu de l’empathie pour ce gars qui a vécu une séparation difficile. Je ne le connais pas, et pourtant j’ai envie de voir comment un homo s’assume à l’âge adulte, j’ai envie de voir comment on se reconstruit après une rupture. J’ai ...
    ... aussi envie de savoir à quoi il ressemble. Et quel genre de mec il peut bien être.
    
    Sur notre droite, un grand pré en pente clôturé enferme un troupeau de brebis à la laine bien blanche. Le petits herbivores sont en train de pacager paisiblement en plein soleil.
    
    Et alors que nous approchons de la maison aux volets bleus, deux labradors, l’un sable, l’autre noir, déboulent à notre rencontre. Le noir aboie de façon insistante, son jappement est sonore et retentissant.
    
    « On va se faire bouffer » je commente.
    
    « Mais non, ils sont sages comme des images » fait Charlène « Gaston, Illan, c’est moi… ».
    
    Pour toute réponse, le labrador noir aboie un peu plus fort encore, le corps massif tout tendu, le poil brillant hérissé autour de l’encolure, comme s’il se préparait à attaquer.
    
    « Et pourtant, il y eut une période où l’on se voyait très souvent » elle continue, sur un ton empreint d’une sorte de nostalgie « ce qui est chiant, quand un couple d’amis se sépare, c’est de devoir en quelque sorte choisir lequel on va continuer à fréquenter. Allez, les toutous, du calme ! ».
    
    Les mots de notre « guide » semblent apaiser les deux labradors. En effet, après quelques derniers aboiements insistants, les deux gros toutous se contentent de nous escorter jusque dans la cour de la ferme.
    
    Un mec d’une trentaine d’années vient de se pointer sur le seuil de la maison, alors qu’une musique vive s’échappe de la porte ouverte. Le type nous regarde, en utilisant sa main comme d’un ...
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