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0218 Tout peut prendre fin lorsqu’on s’y attend le moins.
Datte: 04/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... de lui faire la conversation. Ou, plutôt, de ne pas regarder les choses en face. « Pfffffff ! ». Là il n’y a plus de doute, notre complicité de la veille s’est envolée. J’ai envie de pleurer. J’ai envie de partir. Je passe mon pull, j’approche de la fenêtre et je regarde dehors pour cacher les larmes que je n’arrive pas à retenir. Dehors, il fait très gris. Tout comme dans le petit séjour. Le brouillard sur les pentes est de plus en plus épais et menaçant. Tout compte fait, je me demande si c’est une bonne chose d’aller se balader aujourd’hui. Soudain, je sens sa présence juste derrière moi. Le bobrun passe ses bras autour de ma taille, il me serre contre lui, il me fait un bisou, un seul, dans le cou et il me chuchote : « Désolé, c’est vrai, je n’ai pas très bien dormi cette nuit ». « Qu’est-ce qui s’est passé ? J’ai pris trop de place ? J’ai ronflé ? ». « Non, non, ça m’arrive parfois. Mais ça va aller, laisse-moi le temps d’émerger, le café va me faire du bien ». « D’accord » je fais, un brin rassuré, tout en me retournant et en cherchant à l’embrasser. Mais, en dépit de ses mots qui se veulent rassurants, son attitude demeure distante. Ses lèvres sont peu chaleureuses. Allez, ne te prends pas la tête Nico, s’il a dit qu’il a besoin de temps pour émerger, laisse-lui le temps. Sois confiant. Et change de sujet. « Elle allait bien, Martine ? ». « Oui, elle avait l’air. Je lui ai dit qu’on partait à Gavarnie ce matin ». « T’es sûr que ...
... c’est une bonne idée d’y aller aujourd’hui ? » je profite pour lui faire part de mes doutes. « Pourquoi ça ? ». « Regarde ce brouillard ». « Ca va aller ». « Pourquoi on n’y irait pas plutôt demain ? ». « Non, on y va aujourd’hui » fait-il, sèchement. « On y va aujourd’hui » il se reprend sur un ton plus calme « parce que c’est pas sûr que demain la météo sera meilleure ». Je me range à son avis et je n’insiste pas. Je passe à la douche. Lorsque je reviens, le café vient de monter, nous déjeunons en silence. Un silence qui me fait mal au cœur. Car, malgré ses explications, je sens qu’il y a un malaise, un malaise que je ne sais pas comment dissiper. Je connais un peu mon bobrun et je sais que le questionner davantage ne ferait que le braquer. Et pourtant, notre complicité des jours précédents me manque terriblement. Où est-elle passée ? A quel moment l’avons-nous perdue ? Comment on fait pour la retrouver ? Ni la confiture, ni le bon pain, ni les chocolatines, ni même le café n’ont la même saveur sans cette délicieuse complicité. Jérém a vite avalé son café et une chocolatine, il est parti à la douche, il est revenu avec les cheveux encore humides, sexy à tomber, et il s’est installé à côté du feu pour se griller une clope. « Tu t’es mis de la confiture sur le pull » il me lance sur un ton monocorde alors que je ne peux détacher les yeux de lui, tout en me forçant à terminer la dernière chocolatine. Je regarde mon pull taché et je rigole. Jérém ne ...