1. 0218 Tout peut prendre fin lorsqu’on s’y attend le moins.


    Datte: 04/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    Lorsque je me réveille, le bobrun n’est plus dans le lit. Je le cherche du regard, dans le petit séjour, autour de la cheminée, en train de fumer une clope ou de faire le café, il n’est pas là. Je tends l’oreille, à l’affût du moindre bruit venant de la salle de bain. En vain. Tout est silence dans la petite maison.
    
    Le feu crépite dans la cheminée, mais pas de trace de mon Jérém. Je me lève, enroulé dans une couverture, je jette un regard à travers la fenêtre. Il n’est pas non plus devant l’entrée, ni dans la cour. D’ailleurs, la 205 rouge n’est pas là non plus.
    
    Je cherche dans ma tête, il ne m’a rien dit la veille. Je reviens au lit, en me disant qu’il a dû partir faire une course. Oui, il existait jadis un temps où l’on ne dégainait pas le portable au moindre imprévu. Déjà, parce que le portable n’était pas encore dans toutes les poches. Et quand il l’était, il ne captait pas forcément. Ensuite, parce que la technologie ne nous avait pas encore rendus esclaves du « tout, tout de suite ». Certes, on s’énervait déjà quand le portable ne captait pas, mais ce n’était pas le drame que cela peut représenter aujourd’hui. Au fond, on était moins stressés. Moins informés, mais moins inquiets.
    
    En attendant son retour, j’ai le temps de laisser remonter les souvenirs de ce dîner magique avec les potes de l’asso de cavaliers, cette soirée spéciale où il s’est passé quelque chose d’inespéré, le premier coming out de mon Jérém. Et quel coming out, quelle façon touchante de le ...
    ... faire, en me donnant un bisou devant tout le monde, pour exprimer en un instant, dans l’essentiel et sans fioritures, tout ce qu’il avait à dire. Lorsque je repense à ce baiser, j’en ai encore des frissons.
    
    Entouré de bienveillance et d'amour, porté par les discussions et les encouragements de ses amis, Jérém s’est autorisé à être heureux. Certes, cela s’est passé dans un environnement très favorable, au milieu de gens très ouverts d’esprit. N’empêche que j’ai l’impression qu’après ça, tout devrait être plus simple.
    
    Et aussi, bien évidemment, je repense à l’amour qu’on s’est donné cette nuit. Et, surtout, à ce que mon bobrun a voulu essayer pour la toute première fois.
    
    Lorsque je repense à moi en lui, en train de lui faire l’amour, je n’arrive pas encore à réaliser que cela s’est vraiment produit. Que le bogoss, le rugbyman très populaire qui s’est tapé la moitié des nanas du lycée et qui a dû faire mouiller l’autre moitié rien qu’en existant, s’est donné à moi. A moi, qui n’étais au départ que son vide-couilles. Du moins c’était l’impression que j’en avais.
    
    Que de chemin parcouru depuis le lycée, depuis l’image du petit hétéro bisexuel, macho, sexuellement actif, incorrigiblement actif, l’image que je m’étais forgée à son sujet et qui m’attirait et m’impressionnait au plus haut point. Oui, que de chemin parcouru depuis ses attitudes de mâle dominant pendant nos premières révisions !
    
    Et le fait qu’il ait eu envie de m’offrir sa première fois me touche et me flatte ...
«1234...23»