1. 0218 Tout peut prendre fin lorsqu’on s’y attend le moins.


    Datte: 04/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... matin. Alors, je dois partir demain ».
    
    « Si vite ? ».
    
    « Oui… ».
    
    « C’est pour ça que tu faisais la tête ».
    
    « Ca me pesait de devoir te l’apprendre ».
    
    « Pourquoi tu ne me l’as pas dit avant ? ».
    
    « Je ne savais pas comment te le dire ».
    
    « J’avais le droit de savoir » je lance, tout en éclatant en sanglot.
    
    « Tu vois, je ne voulais pas ça » fait-il, visiblement ému lui aussi, en se glissant derrière moi et en me prenant dans ses bras.
    
    J’attrape ses mains et je les serre contre mon cœur. J’essaie de maîtriser mes sanglots, mais je n’y arrive pas. Car c’est la fin de ce bonheur à la montagne. Je suis content pour lui, mais triste de devoir le quitter.
    
    « Combien de temps il faudra avant qu’on se retrouve ? ».
    
    « On se retrouvera bientôt, dès que je serai installé ».
    
    J’ai envie de lui parler de Paris, de ses nanas, de ses mecs, de ses tentations, de mes peurs. J’ai à la fois envie de lui poser tant de questions et peur de le faire.
    
    Mais ses bisous dans le cou et la caresse de sa barbe sur ma peau ont le pouvoir de m’apaiser peu à peu. Je sens sa présence, je sens son amour, c’est si fort, que je me dis que c’est si spécial ce qu’il y a entre nous que ça résistera à la distance.
    
    Et pourtant, j'éclate une nouvelle fois en sanglots. C’est nerveux, incontrôlable. Jérém me serre très fort dans ses bras, il fait tout ce qu’il peut pour me rassurer.
    
    « Ne pleure pas, ourson, ça me rend triste aussi. Tu sais, je ne pars pas à la guerre ».
    
    « Ne ...
    ... m’oublie pas, Jérém… » je lui lance en pleurant. Une poignée de mots qui résument parfaitement toutes mes peurs et ma tristesse.
    
    « Je ne pourrais pas ».
    
    Le ciel se couvre à nouveau, la couleur grise revient en force avec son côté à la fois mélancolique et romantique.
    
    « Pourquoi tu ne m’as pas redemandé la chemise que tu m’as donné un jour, après une révision ? » j’ai soudainement envie de lui demander.
    
    « Pour te laisser un souvenir de moi ».
    
    Nous restons assis, enlacés, sur la butte au cœur du cirque en pierre, le vent frais sur la peau, pendant un bon moment. Ses bras chauds et son torse chaud m’enveloppent, comme le cirque nous enveloppe. Il n’y a que dans ses bras que je trouve un apaisement à ma tristesse.
    
    Quelques gouttes commencent à tomber, et nous obligent à repartir. Sans cela, je crois que nous aurions pu rester là, sur la butte, enlacés, à tout jamais.
    
    Avant de reprendre la descente, nous nous faisons un dernier câlin front contre front, nez contre nez, les mains enserrées autour du visage l’un de l’autre, nous nous échangeons des bisous pleins de fougue, comme rageurs, parce que volés au temps qui bientôt nous empêchera d’en échanger d’autres.
    
    En descendant, nous marchons côte à côte, en échangeant des regards complices, des petits sourires émus. Et dans son regard, je lis son amour.
    
    Au village, nous prenons des sandwichs pour calmer notre faim.
    
    « Pour le Pont d’Espagne, c’est raté aujourd’hui » fait mon bobrun en regardant la pluie ...
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