-
0218 Tout peut prendre fin lorsqu’on s’y attend le moins.
Datte: 04/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... vite il remet son pull à capuche. Un dernier effort, le plus dur, et j’y arrive enfin, j’arrive moi aussi au pied de la cascade, je rejoins mon Jérém. Et je reçois de plein fouet l’air humide sur ma peau, ainsi que le bruit assourdissant de l’eau jaillissant de la roche, percutant violemment les rochers après une chute de cent mètres, pour alimenter une rivière et tant de vie sur son parcours. Je regarde mon Jérém, il me regarde à son tour, je lui souris. Lui aussi me sourit. Et son beau sourire semble enfin libéré. La fierté pour son exploit doit y être pour quelque chose, mais ce sourire me permet de recommencer à espérer. « J’ai toujours eu envie de venir ici » il m’explique, en criant, pour se faire entendre par-dessus le bruit assourdissant. « C’est magnifique » je commente. « Je suis content d’y être venu avec toi » il ajoute, en me regardant droit dans les yeux. Son regard est à nouveau doux et adorable. Nous nous faisons face. Je sais que nous sommes seuls, car il n’y a personne dans les parages à moins de longues minutes de marche au ralenti dans un environnement difficile. De plus, nous sommes protégés par les roches, par le bruit sonore de la cascade. Alors je m’enhardis. J’attrape le deux cordelettes de son pull à capuche, je l’attire contre moi. Jérém oppose une certaine résistance, le temps de balayer à son tour l’horizon du regard. « Il n’y a personne, t’inquiète. Ce ne sont pas les Dahus qui vont nous regarder de travers » je le ...
... taquine. Réplique qui me donne droit à un nouveau magnifique sourire de bobrun. Jérém avance vers moi, et m’embrasse. Nos lèvres et nos langues se mélangent, ses mains enserrent les miennes. Eh bien voilà, voilà où elle se cachait notre complicité non pas perdue mais simplement égarée. Elle nous avait devancés au pied de la grande cascade du cirque de Gavarnie et elle nous attendait. J’ai froid, je frissonne, mais je suis heureux. Un instant plus tard, le bogoss passe derrière moi, me prend dans ses bras et il me serre très fort contre lui. Tout en posant quelques bisous très doux dans mon cou. La chaleur de ses bras et de son torse me fait du bien. Au corps, tout comme à mon esprit. Nous restons un petit moment là-haut, enlacés, à contempler la puissance de l’eau et de la montagne. Avant d’entamer la descente, nous échangeons un dernier bisou. Dans ce paysage lunaire à forte pente, la descente est tout aussi fatiguant que la montée. Car elle mobilise des muscles déjà bien fatigués, les fait travailler à « contre-sens » et elle oblige à négocier le moindre déplacement pour ne pas glisser et se ramasser plusieurs dizaines de mètres plus bas. Jérém est plus rapide, mais il finit par m’attendre au pied de la côte. Nous avançons d’un pas soutenu, l’appétit motivant notre marche que je crois calée, pour lui comme pour moi, sur le chemin le plus court pour arriver au village et à la nourriture. Mais lorsque nous arrivons à hauteur de la butte en plein cœur du ...