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0218 Tout peut prendre fin lorsqu’on s’y attend le moins.
Datte: 04/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... Ca siffle comme des vraies » il se moque. « J’aimerais en voir de près ». « Ca m’étonnerait qu’on y arrive » fait le bobrun. « En revanche » il continue « ça ne m’étonnerait pas qu’on croise des Dahus ». « Des quoi ? ». « Des Dahus. Tu connais pas ? ». « Non ». « Le Dahu ressemble à un Isard ». « C’est quoi un Isard ? ». « Un chamois des Pyrénées. Donc, le Dahu ressemble à un Isard, sauf qu’il a les deux pattes de droite qui sont plus courtes que celles de gauche… ». Et là, devant mon regard incrédule, il précise : « C’est pour mieux se tenir à flanc de montagne ». « T’es con » je fais, tout en rigolant de sa blague. Jérém aussi se marre, il rigole, et son sourire me réchauffe le cœur. Nous recommençons à marcher et le paysage devient de plus en plus lunaire, 100% minéral. La cascade est de plus en plus proche, mais une dernière côte raide nous y sépare. Jérém file tout droit, finger in the nose. Son cul bien rebondi est une machine de guerre et un bonheur pour le regard. Et quand je pense qu’il a été à moi, pas plus tard qu’il y a quelques heures, j’en banderais presque sur le champ, si seulement je n’étais pas à ce point à bout de souffle. Vraiment, c’était trop bon de lui faire l’amour. J’espère vraiment que ce n’est pas à cause de ça qu’il n’est pas bien dans ses baskets aujourd’hui. Et pourtant, à quoi d’autre pourrait être dû son changement radical d’attitude ? A la moitié de l’ascension, la fatigue me gagne. Je n’en ...
... peux plus, j’ai besoin d’une pause, je me pose sur une roche. Je regarde mon bobrun tracer tout droit, comme un TGV. C’est à la fois fascinant et décourageant. Au bout d’une minute à peine, je me fais violence pour reprendre la marche et ne pas me faire trop distancer par Jérém. Même si, désormais, c’est certain, il arrivera au pied de la cascade avant moi. Je monte en zigzaguant pour apprivoiser la pente, mais c’est dur quand même. Je glisse, je dérape. Plusieurs dizaines de mètres plus haut, mon bobrun s’est posé aussi. Il fume une cigarette. Mais où trouve-t-il tout ce souffle ? Après un gros effort physique, en arrivant près de lui, je dérape une nouvelle fois. Le bogoss se lève, jette sa cigarette et je sens sa main attraper la mienne. Le contact avec sa peau, avec sa prise puissante me fait du bien, me rassure, me touche, m’émeut, me charge de l’énergie nécessaire pour accomplir la dernière ligne droite sur la côte raide. « Merci ». Jérém reprend de l’avance, je trime pour franchir les derniers mètres, alors que le bruit de la cascade devient un peu plus tonitruant à chaque pas. J’ai à la fois chaud, à cause de l’effort prolongé, et froid, à cause du contact de ma transpiration avec l’air glacé et humide qui passe les vêtements. Jérém est arrivé à la cascade, il se tient juste devant, les jambes légèrement écartées, les mains sur les hanches, une attitude qui semble traduire une belle satisfaction pour son exploit. Mais le bogoss a froid aussi, et très ...