1. 0218 Tout peut prendre fin lorsqu’on s’y attend le moins.


    Datte: 04/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... fond de laquelle circule la rivière alimentant une végétation luxuriante.
    
    A l’approche de Gavarnie, Jérém fait un écart pour éviter de justesse un gros caillou tranchant tombé sur la route et qui aurait pu crever un pneu.
    
    Au détour d’un virage, nous arrivons à destination. Dès l’entrée du village, la vue du cirque rocheux s’offre à nous. Sa forme en amphithéâtre est spectaculaire et majestueuse. Nous nous garons sur un petit parking. Je suis impatient de marcher vers le géant de pierre.
    
    Nous traversons un quartier de restaurants et de magasins, ces derniers exposant toute sorte de bibelots souvenirs. Dans des paniers en hauteur, des armées de marmottes en peluche sifflent sur notre passage.
    
    Au fur et à mesure que nous nous éloignons du village, les commerces se font plus espacés, et nous rentrons dans une région marquée par la musique de la rivière roulant sur les cailloux, une région où la montagne reprend peu à peu ses droits.
    
    Le cirque se dresse devant nous. Je repère la fameuse cascade sur la gauche. Notre destination paraît étonnamment proche. Mais, à en juger par l’impression de vitesse ralentie de la cascade, ce sentiment de proximité n’est qu’illusion. D’ailleurs, un panneau en bois indique : « Cascade 2h15 ».
    
    « Ca va faire une sacrée trotte » je commente.
    
    « Ca c’est un timing pour les vieux, nous on va faire ça en moitié temps ».
    
    « Si tu le dis… ».
    
    Et en effet, mon bobrun avance d’un pas soutenu. J’essaie tant bien que mal de suivre, ...
    ... porté par le bruit sec et cadencé de nos pas sur les cailloux.
    
    Nous quittons peu à peu la civilisation pour nous aventurer dans la nature. Nous continuons de suivre la rivière à contre-courant, alors que le chemin commence à monter doucement. Nous tombons sur un petit pont en pierre de toute beauté.
    
    Nous ne sommes pas les seuls marcheurs, mais il n’y a vraiment pas grand monde aujourd’hui. L’été est bel et bien derrière nous.
    
    Nous arrivons dans une prairie d’estive rasée par les bêtes pendant leur séjour à la belle saison. Le soleil est enfin de sortie, il fait chaud, le bobrun tombe le pull à capuche, il fait péter le t-shirt blanc mettant en valeur son torse musclé et ses biceps puissants. Il est vraiment sexy à mourir. Mais toujours excessivement silencieux. Si seulement je pouvais retrouver le Jérém de la veille, putain !
    
    Le chemin se fait de plus en plus pentu et rentre dans un sous-bois où la lumière du jour n’arrive qu’à faible intensité. Ici, au pied des arbres, on sent remonter les odeurs de terre, d’humidité, de feuilles mortes, l’odeur de l’automne.
    
    Au gré de nos pas, le cirque se cache et se dévoile par surprise. Lorsqu’il réapparaît dans une ouverture dans la végétation, il semble désormais nous surplomber. Mais là encore, ce n’est qu’illusion. Un autre panneau en bois indique : « Cascade 1h45 ».
    
    La pente de plus en plus importante, ainsi que la marche sur les cailloux sans chaussures adaptées, me ralentissent. Mais le bobrun, bien musclé, avance ...
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