-
0218 Tout peut prendre fin lorsqu’on s’y attend le moins.
Datte: 04/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... s’impose. Il me tarde d’avoir le cd et de découvrir toutes les chansons de ce chef d’œuvre. Pendant un court instant, mon retour de Toulouse m’apparaît comme une source de bonheur. Un instant qui se dissipe très vite et très violemment, lorsque je réalise que ce retour est synonyme de séparation de mon Jérém. Alors, je n’ai aucune raison de me réjouir d’être à Toulouse. Et encore moins maintenant, alors que j’ai perdu la connexion magique avec mon bobrun et que je n’arrive pas à la retrouver, à l’instar de cette radio dont je balaie les fréquences sans arriver à capter quoi que ce soit d’intelligible. Jérém enchaîne les cigarettes et demeure silencieux, l’air complètement ailleurs. Je tente de garder espoir que son moral puisse se lever, se dégager, qu’un rayon de notre belle complicité des derniers jours puisse pointer à travers les nuages de sa mauvaise humeur et arriver à réchauffer mon cœur frigorifié. J’espère que ça va lui passer, qu’il va se rendre compte que rien de ce qui s’est passé hier soir ou cette nuit n’est grave, et que notre amour vaut bien plus que tous les remords. Des remords qui n’ont d’ailleurs aucune raison d’être. Mais plus le temps passe, plus j’ai du mal à garder cet espoir. Ma tristesse ne fait que gonfler encore et encore. J’ai de plus en plus de mal à retenir mes larmes. Kilomètre après kilomètre, cette virée qui devait être magique, devient un cauchemar d’inquiétude. Après Luz-Saint Sauveur, la vallée devient de plus en plus ...
... encaissée, la route serpente à flanc de montagne. Sur la droite, en contrebas, coule une rivière. « Tu sais ce que c’est cette rivière ? » je le questionne. « C’est le Gave de Pau. Il prend sa source à Gavarnie, par la grande cascade » il m’explique, avant de continuer, sur un ton plus taquin « et il descend jusqu’à Lourdes, où ses eaux deviennent soudainement miraculeuses ». Et là, alors que je n’y espérais plus, je sens sa main se poser sur ma cuisse, chaude, lourde, rassurante. Je pose à mon tour ma main sur la sienne et nos doigts s’entrelacent. Mon cœur bondit, l’ascenseur émotionnel est violent. Je passe de la tristesse au bonheur en une fraction de seconde. Mes larmes changent de signe instantanément et je ne peux plus les retenir, mes yeux s’embuent. Une fois de plus, j’ai l’impression de respirer à nouveau après une longue apnée. Par ce simple contact de nos doigts, j’ai l’impression de retrouver mon Jérém. « Ca va Nico ? » il me questionne. « Maintenant ça va ». J’ai envie de le couvrir de bisous et de câlins, j’ai envie de le serrer très fort contre moi, j’ai envie de sentir nos corps nus l’un contre l’autre, j’ai envie de plonger mon nez dans les poils doux de son torse, j’ai envie de faire l’amour avec lui. La route est étroite et sinueuse. Nous sommes ralentis pas un camping-car que nous avons chopé à Luz et que nous n’avons pas pu doubler depuis. Le contraste est saisissant entre la paroi rocheuse à notre gauche et la falaise à notre droite au ...