1. 0211 Viens voir, je te dis….


    Datte: 11/07/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... afficher le même bonheur.
    
    Une poignée de minutes plus tard, en revenant vers le bivouac, je me dis que ma première fois dans la nature a été tout simplement géniale.
    
    Au bord de la rivière, les autres cavaliers sont déjà en train de seller. Ce qui n’efface pas pour autant la gênante sensation d’avoir de dizaines d’yeux braqués sur nous, sur moi, comme si je portais sur moi non seulement les marques, mais les preuves évidentes du plaisir qui vient de me secouer. Cela ne doit être que dans ma tête, mais je n’arrive pas à le chasser.
    
    « Vous étiez passés où ? » nous accueille Charlène.
    
    « Nous avons fait un tour dans la forêt… ».
    
    « Ça fait dix minutes qu’on vous appelle… ».
    
    « On a pas entendu… ».
    
    Soudainement, j’ai l’impression que le regard clair et pénétrant de Charlène arrive à percer à jour les petits mensonges de son protégé. Ses yeux font des aller-retour incessants de Jérém à moi et en sens inverse, comme si elle cherchait à sonder nos regards, à lire sur nos visages empourprés par le plaisir la vérité maladroitement dissimulée derrière l’explication de façade.
    
    Est-ce que dans l’expression de nos visages échaudés (je réaliserai plus tard que les visages peuvent garder assez longtemps les traces de l’extase du plaisir), dans l’attitude de nos corps encore vibrants de l’orgasme qui les a traversés voilà peu (là aussi, l’expérience m’apprendra que les corps qui viennent de se faire mutuellement plaisir ne peuvent s’empêcher d’adopter des postures et des ...
    ... attitudes réciproques qui ne trompent pas) ; est-ce que dans notre complicité, l’excessive proximité des êtres qui s’aiment, Charlène a pu deviner ce qui vient de se passer à quelques dizaine de mètres de là ?
    
    Peut-être que je me fais des idées, peut-être que c’est juste mon inconscient qui me joue des tours : quand on se sent « coupable », on l’impression que tout le monde nous observe, que tout le monde nous pointe du doigt.
    
    Mais, apparemment, elle n’est pas la seule à se poser des questions.
    
    « C’était bien la balade en forêt ? » fait Loïc de but en blanc.
    
    « Oui, c’est beau par ici… » je tente de donner la réplique.
    
    « Nico ne connaît pas, je lui ai fait découvrir… » fait Jérém à son tour.
    
    Une question anodyne, celle de Loïc, dans laquelle j’ai pourtant l’impression de déceler une pointe de malice, un subtile sous-entendu. Une impression qui devient certitude lorsque Loïc, en passant tout proche de nous avec sa jument tenue en longe, il lance discrètement à Jérém :
    
    « T’as remis le débardeur à l’envers… ».
    
    Soudain, le regard de Jérém prend un air surpris, perturbé, désorienté, agacé, tout à la fois. Et moi avec lui. J’ai l’impression de ressentir en moi ce qu’il ressent, le même état d’esprit, la même sensation se s’être fait gauler.
    
    Mais putain, comment j’ai pu, moi qui je ne quitte pas mon bobrun des yeux, ne pas m’en rendre compte ? Comment je n’ai pas pu faire gaffe à cette couleur moins brillante du coton gris, à ces coutures en relief, signes ...
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