1. Sonia, la vie, le rêve


    Datte: 03/07/2021, Catégories: fh, extracon, inconnu, copains, caférestau, amour, volupté, revede, pénétratio, fsodo, Auteur: David1, Source: Revebebe

    ... orgies. Naturellement, dès que je me trouvais en face d’elle, les brouillards glauques de ces chimères s’évanouissaient devant le soleil de son regard.
    
    Merveilleux souvenirs, douloureux à l’époque, si doux à faire revivre maintenant ! La fac était petite, nous nous sommes dispersés, et les nouvelles que nous nous étions promis de nous donner s’espacèrent peu à peu. J’avais un moment suivi la trace de Sonia grâce à l’annuaire téléphonique, puis un jour, son nom disparut des listes. Elle avait dû se marier.
    
    Je respirai un grand coup, et je lus son message. Son style était resté le même, simple, direct, comme si nous nous étions encore vus la veille. Elle devait justement passer dans ma ville pour son travail. En raison des horaires de train, elle serait forcée d’y passer une nuit. Alors, plutôt que l’hôtel, pourquoi ne pas se faire héberger par un ancien camarade ? Et puis, elle me disait qu’elle serait heureuse de me revoir à cette occasion.
    
    Je passai sur l’aspect somme toute très utilitaire en la circonstance de l’amitié dont elle m’honorait encore. Je répondis de suite, et, dans la matinée, elle m’indiqua l’heure d’arrivée de son train, le lendemain en fin d’après-midi. Finalement, je quittais le bureau assez tôt, sans avoir fait grand chose durant la journée. Je fis le ménage à fond chez moi, et je préparai la chambre d’amis.
    
    Le lendemain, je me surpris à arriver franchement en avance sur le quai de la gare. Certes, de l’amour encore adolescent que j’avais ...
    ... éprouvé pour Sonia ne restait dans mon cœur qu’un pâle souvenir, que son courriel la veille avait revivifié en le débarrassant de son aspect douloureux pour me replonger, l’espace d’un instant, dans l’excitation de la jeunesse. Et, attendant impatiemment le train qui devait me ramener celle qui avait illuminé mes vingt ans, je sentais une merveilleuse angoisse m’étreindre, mon pouls s’accélérer de l’émotion d’un premier rendez-vous. Je m’attendais à la revoir, telle qu’elle m’avait laissé, quitte à éprouver plus douloureusement encore à son arrivée le passage inéluctable des années.
    
    Enfin, le train arriva, et de ses flancs jaillit une foule compacte que je fouillais anxieusement des yeux. L’avais-je laissée passer ? Je cherchais une jeune fille, il me fallait trouver une femme. Soudain, elle vint vers moi, je fus comme ébloui par le reflet du soleil dans ses cheveux d’or. Elle me fit la bise.
    
    — Salut, comment vas-tu ?
    
    C’était tout simple, et c’était elle. Elle avait finalement fort peu changé. Ses vêtements, légers en raison de la chaleur estivale, soulignaient sa beauté naturelle qui avec les années semblait avoir gagné en fermeté des lignes ce qu’elle avait perdu en fraîcheur. À voir ses yeux bleus, son nez mutin, sa bouche adorable, je me sentis envahi d’une douce béatitude.
    
    — Je parie que tu es toujours vieux garçon ?
    
    Elle n’avait pas changé sur ce point non plus. Elle trouvait toujours, involontairement d’ailleurs, le point sensible. Je ne lui dis rien de ...
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