1. Le bonheur de Sophie


    Datte: 02/11/2026, Catégories: #historique, ffh, forêt, campagne, soubrette, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... lancée. Mais ce n’est pas la même chose. Quand j’étais marin du roi, nous avions un bon bateau, maniable et rapide. Mais quand on a filé vers Saint-Malo avec la goélette des rosbifs, c’était autre chose, c’était grisant, un aperçu du paradis que c’était. Eh ben avec vous, ce sera un moment de paradis, c’est certain.
    — J’en suis beaucoup moins sûr, mon ami. Vous me voyez avec une belle robe et cela vous impressionne, mais si je me déshabille, je ne suis qu’une bonne femme comme les autres, je vous assure. Et je ne crois pas être capable d’être une… une chaude comme vous dites.
    — Si vous me permettez, comtesse, c’est mignon, votre inquiétude. Ça m’donne encore plus envie. Regardez mes mains, petite madame, dit le bûcheron en présentant ses paumes ouvertes devant elle. Imaginez vos petits nichons logés dans ces grosses pognes calleuses, ça s’ra pas un moment de paradis, ça ?
    — Taisez-vous, François, taisez-vous je vous en prie. Je ne suis plus une jeune fille, je suis grasse et molle et vous allez être déçu.
    — Et moi, j’suis sûr du contraire. J’ai dans mon pantalon un sacré atout pour vous r’donner d’la confiance.
    — Chut, je vous dis. Dans une maison comme la mienne, il y a toujours quelqu’un qui écoute aux portes. Vous voudriez me compromettre ?
    — Que nenni, madame, que nenni. J’attends vos ordres.
    — Mes ordres, mes ordres, mais vous m’avez mis la tête à l’envers. Bien que ce soit une demande ridicule, je ne vais pas me dédire, monsieur le bûcheron. Néanmoins, j’exige de ...
    ... vous de la discrétion. Ce soir, soyez à la petite porte qui donne sur la roseraie. Elle sera ouverte et l’escalier qui est derrière monte directement à mes appartements. Bien sûr, ne parlez de cela à personne, je vous en conjure. C’est une folie que vous me faites faire, une folie. Et soyez propre, n’est-ce pas, c’est le moins que vous puissiez faire pour moi.
    — Si madame se souvient, je viens de prendre un bain dans l’étang noir, ajouta François en quittant la pièce.
    
    Le soir venu, François pénétra dans le château de Ségur par la petite porte indiquée. Quand il poussa la porte des appartements de la comtesse, il la trouva debout au pied de son lit, vêtue d’une chemise de nuit en soie et enveloppée dans un grand châle de laine. Elle avait dénoué ses longs cheveux qui cascadaient sur ses épaules et s’entourait de ses bras comme pour échapper à une intrusion qu’elle n’aurait pas souhaitée. Elle se savait pourtant prête à recevoir un homme en elle. Jamais elle n’avait été aussi excitée à l’idée d’un coït. Mais en même temps, elle était terrorisée, ayant peur de tout dans cette situation qu’elle n’aurait jamais cru possible.
    
    François s’approcha lentement, sans rien dire. Quand il fut devant elle, il prit lentement, mais fermement ses poignets dans ses mains puissantes et il desserra l’étau de ses bras pour les réunir à nouveau dans son dos. Ensuite, il lui prit le menton dans une main et l’embrassa à pleine bouche. Madame de Ségur n’avait jamais été embrassée comme ça. Une ...
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