1. LA GARDIENNE DU FJORD


    Datte: 29/10/2026, Catégories: #fantastique, #sorcellerie, #fantasy, #conte, #mythologie, #initiatique, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... d’une manière qui faisait mal. Elle ne bougea pas, même quand il approcha. Une brume s’enroulait autour de ses hanches comme une tunique vivante.
    
    — Tu m’as appelé, dit-il.
    — Tu m’as entendu.
    
    Sa voix semblait sortir du fjord lui-même, comme si l’eau parlait par sa bouche. Elle s’approcha lentement, sans crainte.
    
    — Tu n’es pas de ce monde ?
    — Je suis Skadi. Et je suis de tous les mondes.
    
    Elle toucha son torse. Là où ses doigts passèrent, sa peau se mit à brûler. Elle s’attarda sur la rune gravée dans sa peau, la marque que lui avait laissée Thora.
    
    — Tu m’as vu en rêve parce que tu m’appartiens. Par le sang, par la rune. Tu es né sous le signe de la louve.
    
    Elle traça un signe sur sa poitrine. Un bindrune, qu’il reconnut sans savoir comment, puis Laguz et Mannaz, l’union de l’eau et de l’homme.
    
    Elle posa sa main sur son ventre, puis descendit lentement, jusqu’à sentir sa virilité sous la tunique de lin. Elle ne sourit pas. Ce n’était pas un jeu. C’était un rite.
    
    — Si tu veux connaître les anciens savoirs, il faut que tu m’ouvres ton corps comme tu m’as ouvert ton esprit. La chair est une porte, Ærik. Et je suis la clé.
    
    Elle le fit s’asseoir sur la pierre, et s’assit sur lui, lentement, comme une prêtresse sur son autel. Elle s’empala sur son sexe dressé. C’est elle qui donnait le rythme.
    
    Lui sentait en elle le vent glacé des montagnes, le feu des volcans, les éclairs du ciel, et l’oubli.
    
    Leurs corps se lièrent dans un silence sacré. Chaque ...
    ... mouvement d’elle vrillait dans tout le corps du guerrier et semblait déclencher des murmures dans les arbres, comme si la nature elle-même assistait et participait à l’union.
    
    Quand il atteignit l’extase, il ne cria pas. Il vit les branches d’Yggdrasil. Il sentit son âme aspirée vers quelque chose d’immense.
    
    Et quand il rouvrit les yeux, elle avait disparu. Ne restait que l’odeur du sel, une nouvelle marque de rune sur son torse identique à celui que lui avait laissé Thora, et la certitude que sa vie venait de changer.
    
    Trois jours passèrent depuis la nuit sur le rocher.
    
    Ærik ne parla à personne. Il évitait Thora, même lorsqu’elle vint frapper à sa porte, les cheveux tressés, le regard furieux. Il se cacha et elle repartit.
    
    Il ne dormait plus. La marque laissée par Skadi brûlait sur son torse, le consumait. Il sentait sous sa peau quelque chose d’ancien qui remuait, comme si elle avait réveillé en lui une part oubliée. Par moments, il voyait à travers les yeux d’un loup. D’autres fois, il sentait l’appel des eaux, une pulsion de se jeter dans le fjord glacé.
    
    C’est lors d’un rite païen, sous le chêne sacré, qu’il la revit.
    
    Skadi, couverte cette fois d’un manteau de fourrure de loups blancs, assistait en silence à l’offrande faite aux dieux. Personne d’autre, dans l’assistance, ne semblait la voir.
    
    — Tu m’as lié à toi, dit-il, en s’approchant d’elle après le rituel.
    — Je t’ai réveillé, répondit-elle. Le lien existait avant moi. Tu es né sous une prophétie ...
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