1. J'ai tout perdu


    Datte: 27/10/2026, Catégories: nonéro, #confession, piscine, Auteur: Briard, Source: Revebebe

    ... de mon amour pour lui. Le tocsin avait retenti sur cette relation consumériste dans laquelle j’avais dilapidé tout mon désir, toute ma passion, toute mon amativité.
    
    Qui vit dans la tempête en permanence ? Qui nage sans épuisement dans un torrent déchaîné ? Qui subsiste dans une bourrasque endémique ? Avais-je été inconsciente au point de ne pas voir ce qui me crevait les yeux ? J’aimais toujours et plus que jamais Mathis. Comment avais-je pu m’égarer de la sorte ? Quel sortilège m’avait frappé ces quelques derniers mois ? Je me retrouvais honteuse, dégoûtée, déconfite. Mon attitude était inqualifiable, mais, je l’espérais, pas impardonnable. Je serai repentante et ma résipiscence, ma faute avouée, me vaudra certainement son pardon. Tel que je le connais, tel que je l’aime, tel que je le chéris et le vénère, il saura se montrer compréhensif, magnanime et miséricordieux. Je lui promettrai un amour indéfectible et éternel. Je lui promettrai de tout faire pour gagner de nouveau sa confiance. Je lui jurerai ma loyauté et ma fidélité.
    
    Et il me reviendra. Il me reviendra tel le Messie, mais auréolé de sa couronne et resplendissant de mille feux. Il me reviendra comme le beau temps après l’orage. Il me reviendra comme le temple de Jérusalem ouvrant ses portes au juif errant. Tel le phœnix, notre amour renaîtra de ses cendres. Nous nous marierons et ferons cet enfant que je désirais tant avant cette fêlure désormais consolidée.
    
    Je me rendis au bassin d’entraînement un jour ...
    ... où je sus l’y trouver et lui demandai de me recevoir, car j’avais à lui parler de toute urgence. Devant mon air décidé, il me proposa de nous retrouver chez lui le soir même. Je me vêtis avec élégance et me maquillai ce qui n’était pas trop dans mes habitudes. Mais rien n’était trop beau pour plaire à l’amour de ma vie. Il me reçut dans le salon que j’avais connu jadis, au temps de notre amour calme et apaisé. Je lui avouai ma faute, mon égarement et mon inconduite. Je fis amende honorable et promis un amour indéfectible, inaltérable et éternel. Je lui proposai de nous marier rapidement et de faire notre enfant de l’amour dont nous avions si souvent parlé.
    
    Il m’écouta jusqu’au bout, attentivement, le visage reflétant une paix intérieure qui me fit chaud au cœur, dans mon espoir de le reconquérir. Il ne prononça que deux mots « tu viens ? » dirigés vers la pièce voisine. Comme dans un cauchemar, je vis apparaître Almudena, le visage grave. Elle vint se placer à côté de Mathis et posa sa main sur son épaule. Il reprit la parole et m’annonça leurs fiançailles et leur projet de mariage. Il n’avait pas de rancune à mon endroit, cette rupture lui avait permis de découvrir en Almudena, une jeune fille droite et entière, qui s’était révélée être son âme sœur.
    
    Je fus décontenancée et consternée. C’était donc lui le prince charmant inaccessible. Ma disparition de l’univers amoureux de Mathis lui avait autorisé tous les espoirs et ceux-ci s’étaient concrétisés. Je les quittai et ...
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