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J'ai tout perdu
Datte: 27/10/2026, Catégories: nonéro, #confession, piscine, Auteur: Briard, Source: Revebebe
... de culpabilité. J’avais appris que Mathis avait demandé à changer ses horaires d’entraînement pour ne plus nous croiser. Nous n’échangions plus aucun regard et Giovanni et moi nous tenions à l’écart des autres nageurs et nageuses. Je vivais dans le déni de ma faute, repoussant même l’envie de me jeter dans les bras de Giovanni en présence de toute personne qui nous connaissait. Pourtant, et petit à petit, un sentiment de mal être m’envahit. Plus Mathis s’éloignait de moi physiquement, plus il était présent à mon esprit. Je me mis à comparer les deux hommes dans ce que je ressentais ou avais ressenti pour chacun d’eux. Giovanni était la force brute, Mathis, la solidité personnifiée. Giovanni était un ouragan dévastateur, Mathis, un anticyclone rassurant. Giovanni envahissait, Mathis partageait. Ils étaient les antonymes l’un de l’autre. Mathis m’avait donné quatre-vingts pour cent de mes besoins amoureux. Quatre-vingts pour cent de bienveillance, de douceur, de tendresse, de rassurance, de joie et de paix intérieure. Giovanni m’avait apporté les vingt pour cent qu’il me manquait. Vingt pour cent d’audace, de puissance, de vigueur, de hardiesse, d’impudicité et de folie. De quoi pouvais-je me priver le plus ou de quoi avais-je le plus besoin ? L’existentialisme du désir amoureux, chez moi, avait-il un prix, CE prix ? Le prix de devoir choisir ? Aimer Giovanni me comblait, mais me rendait triste de ne plus aimer ni être aimée par Mathis. Ma vie sentimentale devait-elle ...
... être l’objet d’une exégèse de mes sentiments amoureux ? Pourquoi toujours préférer et finir par rejeter ? Pourquoi devoir choisir ? Folie ou sagesse ? Fougue ou placidité ? Fureur ou sang-froid ? Passion ou lucidité ? J’étais perdue, je n’étais plus sûre de rien. Je proposai un break à Giovanni, ayant besoin de faire le point avec moi-même. Il m’avoua comprendre ma situation et ne pas m’en vouloir, mais qu’il n’attendrait pas longtemps. Je savais à quoi m’en tenir et que, dès la nouvelle publique, les amazones du club repartiraient à l’assaut de cette force de la nature. Cela faisait six mois que j’avais rompu avec Mathis. Six mois pendant lesquels il n’avait jamais vraiment quitté mes pensées. Pourquoi n’avais-je pu l’oublier ? Pourquoi n’avais-je pu cesser de me questionner à son sujet ? Pourquoi ai-je eu, de façon continuelle, le sentiment de l’aimer encore, ou plutôt toujours ? Bien sûr que Giovanni était une torpille qui vous explosait en plein visage. Bien sûr, il vous domptait par sa force et sa puissance. Bien sûr, il vous entraînait dans un torrent d’énergie inépuisable. Mais, quel profit sensoriel votre existence en tire-t-elle ? Quel épanouissement intellectuel en résulte-t-il ? Quelle félicité éprouvez-vous au bout de la découverte ? Que reste-t-il de vous après ce tsunami ? Rien ! Il ne reste rien de vous. Comme après le passage de l’ouragan, vous êtes dévastée, vide, sans accroche. Ces quelques mots « Je n’attendrais pas longtemps » avaient sonné le glas ...