1. Perdue dans les brouillards de l’automne


    Datte: 26/10/2026, Catégories: #fantastique, Auteur: Calpurnia, Source: Revebebe

    ... extrême. Vous en connaîtrez l’effroi. Je ne suis pas persuadée que le sort que je vous réserve là soit préférable à celui que je prévoyais initialement. Voyez-vous, j’aime ma sœur à la folie. Malgré ses misères, elle n’en éprouve pas moins d’immenses désirs pour les femmes comme vous. Je suis certaine que vous allez passer de très beaux moments ensemble, toutes les deux, dans l’intimité de cette chambre. Et pour être sûre que vous vous tiendrez tranquille, je vais vous attacher sur le lit. Allez, déshabillez-vous, pour qu’elle ait le loisir de vous tripoter selon son envie. Bon courage, ma douce amie… vous en aurez besoin !
    
    L’être étrange qui se trouve à côté de nous semble tout droit issu d’un film en noir et blanc de David Lynch. Elle saute de joie. Elle ne peut manifestement pas parler ; les sons qui sortent de sa bouche sont des gloussements. Mais elle n’a pas l’air vraiment méchante. Pas rassurée, j’abandonne mes vêtements à ma geôlière, qui les glisse dans un sac. Les gardes en profitent pour se rincer l’œil, tandis que Miss Ylang-Ylang m’attache sur les draps par poignets et chevilles. Puis nous nous retrouvons toutes les deux, Tokyo Lil et moi, dans la chambre obscure.
    
    La sœur maudite s’approche de moi et commence à me caresser. Même quand elle essaie de sourire, l’expression de son visage est vraiment abominable, mais je me force à ne pas détourner le regard et ressens plus de pitié que de peur. Tout à coup, j’entends une voix chuchoter sous le lit.
    
    — Ne ...
    ... vous inquiétez pas, c’est moi, Bob. Ne dites rien, je vais vous sortir de là.
    
    Il sort de sa cachette en prenant garde à ne pas se faire repérer de Tokyo Lil, dont les yeux sont tournés vers moi. Puis il plaque sa main gauche sur la bouche de la femme, fermement, pour l’empêcher de crier, et de l’autre, il défait le lien de l’un de mes poignets. Je me libère rapidement.
    
    — Désolée, lui dis-je en tentant désespérément de dissimuler ma nudité avec un drap, et en me souvenant que Bob est nyctalope, je ne suis pas dans une tenue présentable.
    — Pas grave, vous avez fait pour le mieux. Prenez ma chemise, elle est assez longue, cela devrait convenir.
    
    Il se retrouve torse nu, et j’enfile l’habit qu’il me tend. C’est mieux que rien, cela suffit à protéger des regards mon intimité. Bob est un athlète impressionnant, aux muscles finement découpés, le torse glabre et luisant de sueur. Il n’a pas vieilli depuis ses premières aventures, au début des années 1950. Je ressens un spasme dans le ventre en devinant ses formes malgré le manque de lumière. Mes lectures d’adolescence me reviennent en mémoire, l’odeur de la bibliothèque du collège où aucun épisode des exploits de Bob Morane et Bill Balantine ne m’a échappé, celle du papier des livres qui se mêlait à celle du gymnase où je détestais les cours de sport, quand je me cachais dans un coin pour lire alors que les autres élèves transpiraient sur les agrès de gymnastique au son des coups de sifflet du prof.
    
    — Vite, il faut qu’on ...
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