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Cette expression à la con...
Datte: 22/10/2026, Catégories: #initiatique, fh, collection, Auteur: Samir Erwan, Source: Revebebe
... l’époque. Elle m’a reconnu, m’a souri, m’a dit : — T’as mauvaise mine. J’ai répondu : — J’ai pas beaucoup dormi. On a bu un verre. Elle portait un chemisier trop ouvert pour que ce soit un hasard. On a parlé vite de rien. Elle m’a emmené chez elle. On a baisé sur le tapis du salon. Elle voulait que je la prenne comme avant. Moi, j’me souvenais même plus comment c’étaitavant. Elle a dit mon nom en gémissant. J’ai répondu : « Rokia ». Elle a rien dit. Le jour suivant, y a eu Clémence, une ancienne aventure, une fille nerveuse, fine, des ongles rouges toujours impeccables. Je l’ai retrouvée dans un resto, par hasard. Elle était avec des amis. Elle m’a fixé. À la fin du repas, elle m’a suivi dans les chiottes du resto. Elle a baissé sa culotte sans parler. Je l’ai prise là, debout, une main sur sa bouche pour qu’elle se taise. J’suis sorti avant elle. J’ai dormi à l’hôtel cette nuit-là, sans même me déshabiller. Après, y a eu Camille. Ou peut-être Élise. Je confonds. Elles se ressemblaient. Une voix douce, des seins lourds, un appart trop grand pour elle seule. Elle m’a donné un verre de vin, s’est assise sur mes genoux. On a baisé sur le balcon, dans le froid. J’ai adoré ça. Elle m’a serré contre elle après, comme si j’étais encore important. J’ai dormi là. J’ai rêvé de Fanny. Il y a eu aussi Lina, au corps sec, au regard dur. Elle m’a tiré par la ceinture dans un bar à vin. — T’as grossi, elle a dit. — T’as encore ce cul-là ? j’ai répondu. On a ri. ...
... On a fini chez elle, sur la machine à laver en marche. J’me suis endormi dans le taxi qui m’a ramené à l’hôtel. Y a eu Sonia, aussi, un dimanche. Elle m’a appelé par hasard ou peut-être pas. On a passé l’après-midi au lit. Trois fois. J’ai pas parlé. Elle m’a pas posé de questions. Elle savait ce que je cherchais. Et puis y a eu… Je sais plus son prénom. Léa ? Julie ? Une fille du passé, croisée dans un parc, une robe verte, des yeux tristes. On a couché ensemble dans sa voiture. Il faisait chaud. J’ai su qu’on ne se reverrait jamais. Et puis… J’ai fait le compte, assis sur un banc, les doigts tendus, comme on détache les pétales d’une marguerite. Un, deux, trois, quatre… Fanny. Rokia. Sarah. Clémence. Camille ? Élise ? Lina. Sonia. Léa ? Julie ? Huit. Et puis, naturellement… Nathalie. Elle devait bien faire partie des dix. Je l’ai vue à la terrasse d’un café. Assise seule, les mains jointes autour d’une tasse. Elle m’a vu aussi. Elle n’a pas souri. Elle a juste levé les yeux, lentement, comme si elle savait que j’allais finir là. J’me suis approché. J’ai tiré une chaise. J’me suis assis. On n’a rien dit pendant une minute, peut-être plus. Puis elle a soufflé : — Tu veux revenir ? J’ai haussé les épaules. Elle a continué : — Moi, je veux. Je regrette. Je t’ai cherché dans chaque con. Y avait que toi. Elle a posé sa main sur la mienne. Elle tremblait un peu. J’ai pas parlé. Pas tout de suite. J’ai juste regardé son ...