1. Cette expression à la con...


    Datte: 22/10/2026, Catégories: #initiatique, fh, collection, Auteur: Samir Erwan, Source: Revebebe

    ... s’entrechoquaient pendant que je la prenais. Elle n’enlevait jamais rien. Ni les colliers. Ni les chaînes d’or autour de ses hanches. Ni les boucles d’oreilles qui claquaient contre sa peau. Je baisais une princesse. Elle voulait être prise fort. Elle me disait de ne pas la ménager. Et moi, je donnais tout. Une nuit, elle a joui en m’insultant. Et j’ai joui derrière, comme si elle m’avait libéré. Mais c’était pas que ça. On s’est aimés dans ce lit, là, derrière la porte. On s’est déchirés aussi. Des cris, des claques, une fois j’ai même explosé un verre contre le mur. Une autre, elle a balancé mon portable dans la cuvette des chiottes. Et toujours, après, le sexe animal et impulsif.
    
    Elle a posé les tasses sur la table. Elle s’est assise en face.
    
    — Et toi, comment tu vas ?
    
    J’ai haussé les épaules. J’ai parlé de Nathalie, rapidement juste ce qu’il faut pour planter le décor. Rokia n’a pas commenté. Elle a hoché la tête, doucement.
    
    — T’as jamais su choisir les bonnes, elle a dit.
    
    J’ai levé les yeux vers elle.
    
    — Ou c’est moi le problème…
    — Non, c’est pas toi…
    
    Elle a souri, le genre de sourire qui te serre le ventre. Elle a fini son café, s’est levée, a ramassé les tasses.
    
    — Tu veux prendre une douche ? T’as une sale gueule.
    
    J’ai ri. Elle m’a emmené dans la salle de bain. J’me suis lavé pendant qu’elle fumait une clope sur le rebord de la fenêtre. Quand j’suis sorti de la douche, torse nu, les cheveux encore trempés, j’ai regardé autour de moi. ...
    ... L’appartement n’avait pas changé. On avait quand même passé du bon temps ensemble, ici. Le tapis rouge élimé sous la table basse. Le miroir fêlé dans le couloir. Les rideaux jaunes qu’elle avait cousus elle-même. J’ai passé la main sur le dossier du canapé, ai revu les traces de sperme que j’y avais laissé.
    
    Rokia m’attendait dans les draps, nue. Rien n’avait changé. Elle était toujours là, dans ce décor. J’ai marché vers elle. Elle a écarté les jambes, lentement. Les bijoux autour de ses chevilles brillaient dans la lumière pâle. J’ai su que j’étais de retour, dans son lit, dans sa vie, dans mes souvenirs.
    
    — J’ai jamais cessé de penser à toi, elle a dit. Même quand t’étais un con.
    
    Je l’ai rejointe. J’ai glissé mes mains sur sa peau. Elle a soupiré. J’ai pris mon temps cette fois. J’ai exploré. J’me suis souvenu de sa respiration, de son goût, de la manière dont elle m’enlaçait avec les jambes. Elle guidait mes gestes sans parler. Elle ouvrait son corps, elle me laissait entrer. J’étais en elle, profondément, lentement. Elle a joui sans crier, le dos arqué, les ongles plantés dans mon dos. Et moi, j’ai tenu, encore, encore, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à ce que tout sorte. On est restés là, collés, humides, épuisés. Elle m’a caressé les cheveux. J’ai fermé les yeux. J’me suis endormi.
    
    Après Rokia, j’ai pas vraiment repris pied. Le lendemain, j’ai croisé Sarah. Une fille avec qui j’étais sorti pendant six mois. Une relation molle, tiède, mais son rire me faisait du bien à ...