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K.O, en une heure à peine, tu m'as mise K.O
Datte: 09/10/2026, Catégories: #drame, #rupture, #adultère, fh, Auteur: Delectatio, Source: Revebebe
... contre le chambranle, ferma les yeux. Et alors seulement, les larmes déferlèrent. Les larmes avaient coulé, oui. Mais ce n’était pas une fin, pas même une pause, c’était un tremblement. Cela bouillonnait dans son cerveau. Plusieurs fois, elle avait essayé de le joindre au téléphone, mais ce salopard l’avait mis sur messagerie. Elle se leva très tôt le lendemain matin, après une nuit blanche à ruminer. Elle tournait en boucle cette phrase : « Je me suis éteint. » Non. Ce n’était pas lui. Fabrice pouvait être fatigué, aigri parfois, mais il était incapable d’une telle introspection. Après quarante ans de vie commune, elle le connaissait quand même un peu, elle l’imaginait mal aller se réfugier seul dans un hôtel sans charme. Où était-il d’ailleurs ? Pourquoi ne lui avait-elle pas posé la question ? Et cette valise déjà prête… Ce regard fuyant… Cette façon d’esquiver toute vraie réponse. Il y avait forcément autre chose, une vraie raison. Elle en avait la conviction. Avec cette histoire de malaise existentiel, il l’avait carrément prise pour une demeurée, profitant du fait qu’elle s’était trouvée désarçonnée par l’effet de surprise. Elle repassa mentalement les derniers mois. Des détails lui revenaient par bribes. Des absences prolongées. Des téléphones éteints. Des dîners repoussés. Et cette odeur inconnue sur son écharpe en décembre dernier — elle avait mis ça sur le compte d’un dîner avec d’anciens collègues. Trop naïve. Trop confiante. Trop conne. Elle ...
... connaissait sa manière de justifier les écarts, de faire passer ça pour des maladresses d’homme vieillissant. Par le passé, il avait eu des aventures, elle le savait, mais il y en a presque toujours dans les couples. Elle n’avait jamais rien dit. Parce qu’il revenait toujours et qu’elle tenait à lui. Parce qu’il n’avait jamais mis leur vie en danger. Jusqu’à maintenant ! Il y avait forcément des traces quelque part. Maude passa deux jours à tout retourner : les tiroirs, les papiers, et même l’ordinateur fixe de son bureau — mot de passe facile, la date de naissance de leur fille aînée, sa petite chouchoute. Il ne se méfiait pas, il la considérait sûrement comme une gourde, il était de la vieille école, les femmes aux fourneaux, les hommes à la bricole. Il aurait pourtant dû le savoir, au bout de toutes ces années, elle était beaucoup plus futée que ce que son manque d’éducation scolaire laissait supposer. Une adresse e-mail qu’elle ne connaissait pas, avec un prénom, « Bénédicte ». Quelques messages, des rendez-vous. Pas beaucoup, mais assez pour interpeller. Elle vivait à Lorient. Elle n’avait que 58 ans, une petite jeunette, en somme ! Divorcée. Elle écrivait des poèmes ridicules que Fabrice lisait avec des yeux humides. Il parlait d’elle comme d’un renouveau et d’une révélation. « Avec toi, j’ai l’impression d’avoir vingt ans. » Maude serra les dents. Pas de jalousie, pas encore. Juste un immense effroi. Malheureusement, ce n’était pas une simple histoire de cul. Ces ...