1. K.O, en une heure à peine, tu m'as mise K.O


    Datte: 09/10/2026, Catégories: #drame, #rupture, #adultère, fh, Auteur: Delectatio, Source: Revebebe

    ... te contenter de dire mon prénom comme si c’était une excuse. Je mérite au moins une explication. Tu ne peux pas tout balayer d’un revers de main. Pas quarante ans de vie commune. Pas nos souvenirs. Pas nos enfants. Pas moi.
    
    Elle ne pleurait même pas. Elle était perdue. L’énergie du désespoir la maintenait encore debout. Elle ne comprenait rien, refusant même d’y penser. D’ailleurs, qu’y avait-il à comprendre ?
    
    — Nous avons construit tout cela ensemble, dit-elle en parcourant la pièce : la maison, notre vie, nos habitudes, nos rires, et même nos silences… Ce sont nos moments à nous. Te souviens-tu du jardin l’été dernier ? De notre pique-nique sous les étoiles ? Des amis, des anniversaires et de tout ce que nous avons partagé ? De la petite dernière que nous n’avons encore jamais vue ? Où vas-tu placer tout cela ? Tu vas les emmener aussi dans ta valise ?
    — Ne sois pas ridicule, tu deviens pathétique…
    
    Il venait de lui décocher une flèche en plein cœur en la regardant en coin, elle était trop déçue. Elle constata que ses doigts tremblaient légèrement, il n’était pas si à l’aise.
    
    — Crois-tu que je fais ça de gaieté de cœur ? reprit-il pour ne pas rester figé. Tu crois que je n’ai pas retourné le problème dans tous les sens ?
    — Alors, dis-moi ce que tu as retourné. Dis-moi pourquoi. Je mérite au moins une fin limpide, non ? Mais pas ce silence, pas cette fuite.
    
    Il la dévisagea enfin, mais de façon glaciale, en l’absence de sentiments. Dans le regard de cette ...
    ... femme, il percevait l’usure des années, une fidélité amoureuse épuisante et un besoin inné de tout maîtriser. Alors que dans son esprit à lui, il voguait sur un océan agité, un joyeux désordre qu’il n’était pas capable de maîtriser, mais qui l’emmenait au firmament.
    
    — Je me suis progressivement éteint, Maude. Doucement, jour après jour. Comme une bougie qui s’illumine et qui s’éteint lentement. J’ai réalisé que j’attendais la fin. Chaque matin, je me levais en me disant : encore une journée à faire semblant. Je ne t’en veux pas, ce n’est pas ta faute. Pourtant, j’ai l’impression d’avoir laissé passer quelque chose. Et peut-être même ma vie.
    
    Elle recula d’un pas, comme frappée par un projectile. Mais resta droite malgré elle.
    
    — Tu ne peux pas dire ça comme ça, après tout ce qu’on a vécu ensemble, supplia-t-elle encore. Tu ne peux pas tout réduire à une crise de vide. Tu ne peux pas me laisser seule, avec cette histoire qui s’effondre autour de moi.
    
    Fabrice avança d’un pas. Il ne la toucha pas, mais ses yeux s’humidifièrent un peu à sa présence.
    
    — Je suis désolé. Mais si je reste, je meurs à petit feu, annonça-t-il froidement, pour conclure le débat.
    
    Maude baissa les bras. Elle ne comprenait rien. Elle détestait ne pas comprendre.
    
    Elle se poussa lentement, à contrecœur. La porte s’ouvrit sur un gémissement lugubre. Le vent s’engouffra dans le salon, faisant frissonner les rideaux.
    
    Puis il sortit sans ajouter un mot.
    
    Elle referma, tel un automate, s’appuya ...
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