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Jusqu'à ce que la mort nous sépare
Datte: 19/09/2026, Catégories: Humour #pastiche, #délire, #horreur, #fantastique, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... tête — Je fais ce que je peux, hein ! — La tête, j’te dis ! J’ai vu toutes les saisons de The Walking Dead, j’ai vu Shaun of the Dead, la Nuit des Morts-Vivants et j’en passe. Ils visent toujours la tête. La pelle fit un bruit sourd, presque comique, la tête éclata comme un ballon mal gonflé. Le zombie s’écroula, la mâchoire éclatée, une étiquette « Promo – 50% » collée sur le front. — On aurait dû venir faire les courses ici plus souvent, dit Élise, haletante. — Je te jure, si on s’en sort, je fais la vaisselle. — Promesse enregistrée. — Et toi, tu jettes tes magazines de psychologie à la con ? — Jamais. — Tu comptes les lire à nos futurs enfants zombies ? Ils avancèrent encore. Une porte battante menait à l’arrière du magasin. Des bruits de pas s’en échappaient, de plus en plus nombreux. — On ne peut pas sortir par-là ! dit-elle. — C’est ça ou se faire croquer au rayon surgelé. — On tente ? — T’as une meilleure idée ? — Non, mais j’ai faim. Elle eut un sourire épuisé. Thomas posa une main sur la poignée… Une main jaillit, pâle, veineuse, lui attrapant l’avant-bras. Élise hurla. Thomas frappa à l’aveugle. Deux coups, trois. La main lâcha. Elle acheva le zombie d’un coup de hache entre les deux yeux. Ils reculèrent, tremblants. Un instant, leurs regards se croisèrent. Et pour la première fois depuis des semaines, il n’y avait plus ni reproche ni sarcasme, juste la peur brute, et une étrange complicité. — Tu sais quoi, dit Élise, essoufflée. — ...
... Quoi ? — C’est la meilleure séance qu’on ait eue de toute la thérapie. — Ouais. Pour une fois, on a fait un vrai travail d’équipe. — On devrait remercier la docteure Martineau. — On peut toujours lui envoyer une main en guise de pourboire. Ils éclatèrent de rire. Un rire nerveux, éraillé, qui finit en hoquet. Derrière eux, il y eut un bruit de verre brisé. La horde venait d’entrer en traversant la vitrine du magasin. Élise se plaça à côté de Thomas, hache brandie. — Si on doit y passer, au moins qu’on reste ensemble. — T’as vu ? On recommunique. — Comme quoi, il suffisait d’un peu de sang neuf. Les silhouettes approchaient, la bouche ouverte, les mâchoires pendantes, les yeux vides, un murmure guttural s’élevait comme un chœur. Thomas prit sa main. — Tu regrettes ? — Non. — Moi si. J’aurais préféré qu’on se retrouve avant l’apocalypse. — T’as toujours le mot pour rassurer. Elle lui lança un regard mi-tendre, mi-fataliste. — Allez, viens. On se bat. Ils levèrent leurs armes de fortune. Le premier zombie bondit. La pelle s’abattit, la hache suivit, un bruit sec, puis un autre. L’écran des caisses scintilla une dernière fois, et la voix enregistrée annonça, joyeuse : — Merci pour vos achats. Nous espérons vous revoir bientôt. Après avoir éliminé le groupe de morts-vivants, ils avancèrent prudemment, entre les rayons dévastés. Les néons sautaient par intermittence. Une lumière stroboscopique donnait au monde des allures de film cassé. — T’as ...