1. Jusqu'à ce que la mort nous sépare


    Datte: 19/09/2026, Catégories: Humour #pastiche, #délire, #horreur, #fantastique, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... le couple, j’vais pas gérer l’humanité ! Ou ce qui en reste… De toute manière, on pouvait rien faire. Elle a été mordue, elle est foutue.
    
    Ils contournèrent la scène, les pas rapides, les yeux fous. Un klaxon hurla sans discontinuer, comme une alarme inutile.
    
    Plus loin, ils virent un supermarché. Les portes étaient grandes ouvertes. Ils contournèrent des chariots renversés, des sacs éventrés. Une radio crachotante qui diffusait encore une pub :
    
    — Faites vos courses en toute sérénité chez Super’ Vie, votre partenaire bien-être !
    
    Élise éclata de rire, un rire nerveux, cassé.
    
    — Super’ Vie. C’est ironique, non ?
    — Très. Entre, on va se planquer.
    — Et faire quoi ? Des courses pour deux ?
    — Ou pour l’éternité. Au moins, on aura des vivres. J’ai vu ça dans un film de zombies.
    
    Ils pénétrèrent dans le magasin. L’odeur de métal et de pourriture leur sauta au nez. Au rayon frais, un homme en blouse blanche mâchouillait une côte de bœuf crue. Élise chuchota :
    
    — On est foutus.
    — Non. On est mariés. C’est pire.
    
    Elle esquissa un sourire malgré elle.
    
    — Tu regrettes ?
    — De m’être marié ?
    — De ne pas avoir divorcé avant la fin du monde.
    — On peut encore le faire. Symboliquement.
    — Comment ?
    — En courant chacun de notre côté.
    
    Ils échangèrent un regard. Il y eut un long silence. Puis, à contrecœur, ils restèrent ensemble. Thomas attrapa une pelle dans le rayon bricolage. Élise prit une poêle à frire.
    
    — Sérieux ?
    — Tu préfères que je reste sans défense ...
    ... ?
    — Non, je préfère que tu laisses les ustensiles de cuisine tranquilles.
    — Oh, tais-toi.
    — Prends ça, ça sera plus efficace, lui dit-il en lui tendant une hache.
    
    Ils avancèrent entre les rayons, lentement, les pas glissant sur les flaques rougeâtres. Au loin, un haut-parleur grésilla :
    
    — Chers clients… la fermeture du magasin est imminente…
    — Parfait, souffla Élise. On va mourir avant de passer à la caisse. On devrait remplir un caddie !
    
    Le haut-parleur continua de grésiller au-dessus d’eux :
    
    — Chers clients, n’oubliez pas vos sacs réutilisables…
    
    Un rire nerveux secoua Élise.
    
    — Même en enfer, on nous culpabilise pour l’écologie.
    — Au moins, ça prouve que la planète s’en sortira mieux que nous, répondit Thomas.
    — Bon, on se cache ?
    — Derrière les promos ?
    — Tant qu’à mourir, autant profiter des soldes.
    
    Ils longèrent le rayon frais. Un bip sonore retentissait par intermittence, comme un battement de cœur électronique. L’éclairage clignotait, tremblotant sur les produits éventrés.
    
    Quelque chose bougea derrière la caisse n°3. Un employé, ou ce qu’il en restait, se redressa lentement, la bouche pleine de bons de réduction ensanglantés. Élise leva sa hache. Thomas serra sa pelle.
    
    — T’es prête ?
    — Non.
    — Moi non plus.
    
    L’employé se traîna vers eux, ses doigts agrippant le carrelage avec un bruit visqueux. Elise frappa. La hache fendit l’épaule du zombie. Son bras pendait seulement rattaché au tronc par un lambeau de chair.
    
    — Faut frapper la ...
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