1. Le loser magnifique


    Datte: 14/09/2026, Catégories: Humour #pastiche, #personnages, bizarre, nopéné, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... !
    — Oh là ! Cowboy, mais bordel, tu parles de quoi ?
    — Ta femme a piqué du fric à Monsieur Epéda, le litière qui vend de la literie.
    
    Bon, je constate que ces gars-là n’ont pas inventé la poudre, comment peuvent-ils imaginer une femme dans mon taudis ?
    
    — Eh mec ! T’as pas remarqué que la cuvette n’était pas rabaissée ? Tu vois une touche féminine dans mon boui-boui ? Tu vois une alliance sur mon annulaire ? Lui dis-je en lui montrant mon majeur bien dressé.
    
    Ça a l’air de faire tilt, l’autre emplumé se pose la question :
    
    — Attends… Le Krabansky, il est pas censé être plein de pognon ?
    
    Soudain, il se retourne vers moi et me demande mon blaze.
    
    — Ouais, c’est vrai je m’appelle Krabansky, Jeff pour Jean-François, mais on m’appelle le duc.
    — Attends, tu n’es pas Geoffrey Krabansky, le magna du pain ?
    
    Bon, je comprends, ces andouilles m’ont confondu avec mon homonyme. Faut’y pas êt’e con ! Mais pour parfaire ma matinée, l’un d’entre eux décide de se soulager sur mon tapis.
    
    — Nan mec, mais putain, t’es pas cool ! me lamenté-je. ‘Tin, un beau tapis comme ça !
    
    Ce tapis, je l’ai trouvé chez Cafouniette, oh, j’ai passé un temps de dingue, au moins deux heures à fouiner, à retourner les étals et là, je l’ai vu, au fond d’une caisse, m’attendant. Le coup de foudre brutal, irrésistible.
    
    @@@@@@@@
    
    Il y a du monde ce soir pour assister à ce quart de final dantesque de billard américain. C’est au tour des Plussacs de jouer. J’ai pas la tête à la partie, j’ai ...
    ... cassé et j’ai failli mettre la « 8 » d’entrée de jeu. Waldo a tout de suite vu que je suis pas bien.
    
    Ça, c’est de la faute à mon tapis, ça m’ennuie, un beau tapis comme ça…
    
    Waldo, toujours de bons conseils, me dit qu’il faut que j’aille voir l’autre Krabansky pour qu’il me dédommage. Après tout, il n’a – pour une fois – pas complètement tort. C’est mon tapis qu’ils ont souillé.
    
    — C’est ce que je dis, Duc, c’est ton tapis…
    
    Ça me travaille, ça me ronge.
    
    — Un beau tapis…
    
    Waldo est un vétéran de la guerre d’Algérie, il a dû laisser une partie de son cerveau là-bas. Il faut toujours qu’il rapporte tout ce qui se passe à la guerre d’Algérie.
    
    — Tu vois, Duc, ça me rappelle, on était à Constantine, c’est au nord-est, Duc, on était en perm’ et là les marins…
    
    Sa phrase reste suspendue, son regard figé sur la table et voilà mon Waldo qui hurle à l’endroit de Henri :
    
    — T’as touché la boule blanche, c’est à notre tour !
    — Je l’ai à peine frôlée.
    — Tu l’as frôlée, donc, tu l’as touchée, c’est à notre tour.
    — Fais pas chier Waldo, elle n’a même pas bougé d’un centimètre !
    
    Explosif, mon Waldo hurle de plus belle :
    
    — On n’est pas en Algérie ! On est au billard ! On joue suivant les règles !
    
    Waldo, il est rouge vert de colère, on croyait, l’autre gonze là, celui qui vient tout vert quand il s’énerve. Henri Plussac sent bien qu’il est à deux doigts de s’en manger une bonne. Alors, de guerre lasse, il laisse tomber :
    
    — T’es vraiment un sale con Waldo, tu ...
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