-
Odor di femina suvi de Corps et âme
Datte: 02/09/2026, Catégories: #réflexion, #psychologie, #philosophie, #personnages, Auteur: Landeline-Rose Redinger, Source: Revebebe
... pourtant autrement transportée lorsque sur les conseils de mon ami Louis-Camille, je découvris les livres de Philip Roth, entamés parLe complexe de Portnoy, qui s’ensuivit du reste de son œuvre au fil des ans. Tromperie fut pour moi une manière de rencontrer presque physiquement l’écrivain lui-même. Quelque chose émanait de sa personne ; sa puissance de narration autant que son aisance à dire les choses du sexe, semblaient me transporter dans une sphère érotique, dont mon corps stimulé recelait une vitalité que je pouvais garder comme un durable paysage en mon souvenir. Je puis dire tout comme je l’écris aux premières phrases de ce texte, que dissocier l’activité intellectuelle et corporelle n’est pas de ma nature. Pour autant, pourrais-je me reconnaitre une appartenance à lasapiosexualité, je ne le pense pas. Je pourrais même penser que s’opère une sorte de contrechamp sauvage dans ma recherche des corps. Sans être juge de la capacité intellectuelle des uns et des autres, j’affectionne particulièrement la sauvagerie du vocabulaire et une forme d’animalité que je trouve hors de mes prestations d’escort haut-de-gamme. Et de privilèges, ceux qui me veulent comme trophée esthétique d’une soirée mondaine, ceux-là n’ont pas la sueur d’une fin de journée d’un terrassier, d’un releveur de grumes, rien de leur salon n’a la rusticité électrisante d’un Algeco où trainent bottes boueuses et cottes huileuses. Pas ...
... non plus la malaisance de ceux qui sortent le soir quand le monde ne les voit plus trimbaler leurs sacs à dos et leur crasseux duvets sur les trottoirs. Voilà ce qu’ils n’ont pas, voilà ce qui manque à leur vie, mais ils ne le savent pas. Une éditrice et écrivaine stupide et réputée, taxait la banalité de mes écrits en relevant la souillure comme étant, selon cette péronnelle chic, battue et rebattue dans le thème bourgeois de l’érotisme. Elle rejeta illico tout de mes textes, sans même comprendre que la vie-même s’empare crument et véritablement de ces moments de pure délivrance du corps qui ne demande alors qu’à lisser et abolir les barrières sociales. Je la laissai donc à ses aventures commerciales de cadres et d’héritiers halés et leur bolide sans capote. Voyons mademoiselle où vivez-vous donc, lui répondis-je. Bref, mon corps est un tout et si me voilà en terrasse un livre de Philip Roth devant mon café noir, pourquoi ne pas donner à voir dans le même temps l’aiguille balancée de mes escarpins, la lisière de mes bas et si peu qu’une brise y concourt, l’échancrure de ma gorge sous la dentelle noire fleurie, qu’affectionne tout particulièrement ma peau. Conviendrez-vous avec moi que la vie est un tout et que cela nous est donné à toutes et tous. Non que je me fasse prosélyte de la littérature en même temps que du sexe, mais cela fait le sel de ma vie, le vôtre sera tout autre sans doute mais il sera.