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Odor di femina suvi de Corps et âme
Datte: 02/09/2026, Catégories: #réflexion, #psychologie, #philosophie, #personnages, Auteur: Landeline-Rose Redinger, Source: Revebebe
Odor di femina J’ai trouvé dans les ouvrages de Jean-Claude Kaufmann, cette façon de traiter un sujet qui me semble depuis beau temps essentiel : le quotidien. Le quotidien et les gestes minimes et élémentaires qu’on accomplit, comme ça l’air de ne pas y toucher, qui font notre vie avec tout l’équilibre qu’on lui doit. Si une fois l’ordre des choses fait en mon petit domaine, je peux m’adonner à quelques passions, c’est aussi, un diktat de ma mère qui tenait pour elle cette assertion qu’elle-même tenait de sa mère : le travail commande. J’en ai jusqu’alors peu parlé mais si parfois m’apparait la clarté, la lucidité de ma vie, qu’accompagne une petite déprime, alors oui l’appel de la Vanessa – une amie nommait ainsi son balai espagnol à frange ; je m’empare donc de ce petit pseudo qui ajoute une touche amicale à son utilisation – qui déjà s’impatiente, du chiffon microfibre qui se lamente, sans parler du fer à repasser qui me maudit tant j’use des services du pressing. Voilà une façon de conjurer la chimie déployée dans les circonvolutions de mon cerveau et qui n’a de cesse de me rendre à la tristesse du monde à la vacuité de ma vie. Mais vous avez de ces instants, nous les avons tous, non ? Nos passions tristes. D’ici je vois déjà sur ma messagerie affluer les exhibitions fantasmatiques des hommes – car peu ou pas de femmes ne le font – ah oui je les vois déjà ! Jupette volante et fesses à l’air, chemisier bâillant sur le balancement de ma poitrine nue, ...
... qu’impose le geste ménager. Ailleurs ce seront mes escarpins de 5 inches, là mes cuissardes sous le barré de dentelles micro qui voile ma cuisse, le porte-jarretelles, ah oui très bien messieurs, très bien, oui, mais non ! Je suis alors une ménagère que le bas de survêt’ informe et le tee-shirt relâché sont à mille lieues de la Bricole Girl de Chabat et ses fantasmes. Sorry ! Ô so sorry ! Donc oui Kaufmann nous replace nous les femmes – car ainsi les rôles changent peu leur distribution – dans l’acte de ménage qui avec ses vertus plus que ses contraintes, peut une fois accompli, rendre à la sérénité, à la joie presque. J’ai conscience de ce que le dépoussiérage et la montagne de linge qui s’empile, que le ravitaillement, les devoirs des gosses, j’ai conscience de la destruction et du désenchantement qui s’opèrent, de la vie monotone qu’elle engendre, mais voilà je n’ai pas choisi cette vie-là. Je puis donc aborder cette régularité d’assainissement comme une forme libératoire qui me laisse alors la conscience du travail bien fait. Après, dans la propreté de ma petite propriété, pourront s’ouvrir à ma perspective, la vie littéraire, la flânerie, la visite des musées, la course au parc et la recherche du sexe. Oh bien sûr on arguera que j’ai pour la souillure un goût particulier, voilà bien de la mesquinerie, et c’est bien mal me connaitre. Vous qui plus que de m’avoir lu, m’avez rencontré et entreprise, vous le savez, oui vous savez que jusqu’à l’infime ...