1. Odor di femina suvi de Corps et âme


    Datte: 02/09/2026, Catégories: #réflexion, #psychologie, #philosophie, #personnages, Auteur: Landeline-Rose Redinger, Source: Revebebe

    ... coulure de vos corps, je ne laisse pas une chance. Vous savez aussi que la douche ou le bain sont systématiques et consécutifs du don de mon corps. Seul l’air vicié par ma cigaretteafter sexe file vers l’entrebâillement de ma véranda. Voilà l’alanguissement que je m’autorise.
    
    Je l’ai dit déjà, je crois, la nature polysémique du vocable salope que j’affectionne hautement dans le langage du lâcher-prise, ma mère lui donnait elle, une tournure de négligence relevant du peu de soin que l’on pouvait mettre à l’entretien de son espace de vie.
    
    Salope au sens de saloper était sa façon d’entendre que l’on ne prêtât pas grand soin de garder propre ce qui de notre maison devait l’être.
    
    Que mon père rentrât de la chasse en bottes crottées dans le vestibule et déjà ma mère le voyant saloper ce qu’elle avait lustré l’accablait d’injures. Éparpiller sur une descente de lit chaussettes, bas ou petites culottes et j’étais une salope.
    
    Mais qu’elle fut par quelque amant affublée de splendide salope n’était pas du même verbiage et prenait là les allures princières de la catin honorée.
    
    Or, je ne puis nier cet héritage maternel ; encore une fois certains, beaucoup le savent, je n’ai jamais nourri de colère envers l’amant ou le bataillon des hommes pensant m’avilir en des petite, grosse ou belle salope, tant il me semble que le mot magnifie à la fois mon corps et son agitation dans les choses du sexe. Il gratifie mon esprit dans un vocabulaire dont peu usent dans l’espace social ...
    ... convenu.
    
    Certains par excitation ou par colèreautomobilesque vous lanceront un « salope » en s’éclipsant illico ; mais voilà bien la limite haute du terme dans la sphère publique, qui m’enchante tant en d’autres lieux à d’autres moments.
    
    J’ai de mes amies qui donnent à l’œuvre ménagère un rythme hebdomadaire ; d’autres vont parsemer les pièces d’un dépoussiérage sporadique sans pour autant se préoccuper de l’entièreté de leur lieu de vie. Certaines pour lesquelles ma considération est moindre, laisseront sans gêne la trace de leurs sous-vêtements, la marque de leurs talons-aiguilles sur un parquet de chêne ancien. Je ne suis pas fière de leurs agissements, pas plus que de leur façon d’arguer qu’elles emploient du petit personnel pour la tâche. Je la paie, ajoutent-elles. Oh ! oui pour cela je les renierai le jour venu.
    
    Comprendre l’acte ménager fût-il de bassesse, c’est s’instruire du cycle de la vie matérielle pour mieux en apprécier les élévations de l’esprit.
    
    C’est donc libéré du poids des exigences de l’astiquage, que douchée, je me vais dans mon patio ou ma véranda, quand le temps est plus frais, sécher mon corps sous le tissu éponge de mon peignoir – un dressing y est consacré, mes nuits d’Escort me laissent cette bonne-main.
    
    J’aime savoir que d’un effort qui m’a tenu quelques heures, je ressors apaisée, fourbue parfois et que la chaleur d’un thé rooibos laissera sous le tissu une petite buée qui montera jusqu’à la gorge. Je resterais ainsi, un livre à la ...