1. « Clémence » (9) : la souricière.


    Datte: 30/08/2026, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... Fatima.
    
    - Je reviendrai…
    
    Fatima ne se retourna pas.
    
    - Dégage, Clémence. Et va vers ton destin ! Va retrouver ton macro. Il finira par te mettre sur le trottoir !
    
    ***
    
    Quand Clémence ouvrit la porte de son appartement, elle sut immédiatement qu’elle était attendue. La lumière du salon était éteinte, mais une seule lampe était allumée. L’appartement puait la cigarette. Zakaria était là, immobile dans l’ombre, assis sur le bord du canapé, les yeux rivés sur elle.
    
    Clémence s’avança, hésitante, refermant la porte derrière elle dans un silence nerveux. Elle sentait que quelque chose ne tournait pas rond.
    
    - Michel n’est plus là, annonça Zakaria.
    
    Elle ne bougea pas.
    
    - Il savait pour ce soir, continua Zakaria. Il a sûrement compris ce qui allait se passer.
    
    Il y eut un silence de mort. Puis un rire, bas, sans humour, sans joie. Juste du mépris. Zakaria se redressa lentement, comme une bête prête à bondir.
    
    - C’est toi qui lui as dit.
    
    - Je…
    
    - Ne mens pas !
    
    Il s’avança d’un pas sec, et elle recula aussitôt.
    
    - Je t’ai refaçonnée. Je t’ai sortie de ton trou de bourgeoise frustrée. Je t’ai arrachée à ta tiédeur. Et toi… Toi, tu crois pouvoir me faire ça ? Prévenir ton raté de mari que j’allais enfin lui faire comprendre ce qu’il était ? Figure-toi que j’avais très envie de lui casser son petit cul. Je voulais le faire couiner devant toi. Tu crois que t’as le droit d’interférer ?
    
    Clémence sentit la peur lui grimper dans le ventre.
    
    - Ce n’est ...
    ... pas contre toi, Zakaria, je t’en supplie… Michel allait craquer. Il est au bord du gouffre. Il allait sombrer. J’ai eu peur pour lui. Il a déjà trop subi. Il a tout perdu : moi, son boulot. Ce que tu t’apprêtais à lui faire, c’était trop !
    
    Le coup partit sans prévenir. La gifle désarçonna Clémence qui mit plusieurs secondes à comprendre qu’elle venait d’être frappée.
    
    - Tu oses encore me contredire ?
    
    Il tourna les talons, comme pour fuir sa propre rage, puis se ravisa. Il s’approcha à nouveau d’elle, si près qu’elle pouvait sentir la chaleur de son corps.
    
    - T’es à moi, sale pute. À moi ! Pas à ce larbin de Michel, pas à cette salope de Fatima. À Moi ! Et quand je t’ordonne quelque chose, tu t’exécutes. Tu ne négocies pas. Tu ne réfléchis pas. Tu obéis.
    
    Il marqua une pause, son visage dur comme du marbre. Ses lèvres se tordirent en un rictus glacial.
    
    - Et parce que t’as cru pouvoir me trahir… T’as cru que je te pardonnerais ? T’as cru que t’allais revenir ici, après avoir fui chez ton amante, et me retrouver là, prêt à te baiser comme si de rien n’était ?
    
    Elle voulut parler, mais il leva la main pour l’en empêcher.
    
    - Tais-toi.
    
    Il recula d’un pas. Puis deux. Il attrapa son tee-shirt posé sur le canapé et l’enfila lentement, comme s’il scellait une décision irrévocable.
    
    - Tu ne mérites pas que je te touche ce soir.
    
    Clémence ouvrit la bouche, les yeux agrandis par la panique.
    
    - Non… Zakaria, s’il te plaît… Ne fais pas ça. Ne me rejette pas. Je ...
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