-
« Clémence » (9) : la souricière.
Datte: 30/08/2026, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds
... pas tout de suite. Son regard s’était figé, dur, fixé sur un point invisible du plafond. Mais son bras se raidit. Clémence le sentit. - Zakaria m’a dit… Ce soir, il… Il prévoit de… Baiser Michel. Pour la première fois. Je dois être là. Je ne peux pas le laisser vivre ça seul. Ce serait... - Cruel ? Ironisa Fatima en relevant un sourcil. Parce que tu sais encore ce que c’est, la cruauté, sale petite perverse ? Clémence se redressa à demi, nue, ses cheveux en désordre, collés sur son visage, le regard fuyant. - Ne dis pas ça, Fatima. Tu sais très bien que ce n’est pas contre toi. Ce qu’on a vécu… Je ne peux pas faire semblant. C’est vrai, je t’aime. Mais Michel… Il est à bout, après tout ce qu’il a subi. Il va basculer, ce soir. Je le sens. Et malgré tout, malgré le mal que je lui ai fait, malgré Zakaria… Il est mon mari. Il compte pour moi. Je ne peux pas l’abandonner. Fatima se redressa lentement à son tour. Elle fixa longuement son amante, le visage dur. - Tu m’avais promis. Tu m’avais dit que tu ne partirais plus. Que tu étais à moi. Tu as gémi, pleuré, crié dans mes bras. Et maintenant, tu t’en vas. Encore ! - Je suis prisonnière, Fatima. Je n’arrive plus à distinguer ce que je veux de ce que je crains. Ce que je désire me fait peur, et ce que je rejette m’attire. Zakaria, toi, Michel… Je suis piégée dans ma propre tête. Je ne sais plus me contrôler. Je ne sais plus qui je suis. Fatima se leva d’un bond, la fureur au bord des lèvres. Elle ...
... s’approcha, nue, fière, magnifique dans sa colère, et planta son regard dans celui de Clémence. Elle fit un effort pour ne pas la frapper. - Tu oses me dire que tu es prisonnière ? Toi ? Petite bourgeoise française, mariée, protégée, libre d’aller et venir, d’aimer qui tu veux, de jouir comme tu veux… Tu ne sais pas ce que c’est que d’être prisonnière, Clémence. Moi, je vis sous surveillance depuis toujours. Je suis née dans une cage dorée. Mon mariage avec Youssef est une farce, une couverture, un mensonge. Ma sexualité est un crime qui peut me conduire en prison. Chaque caresse que je donne, je la paie. Chaque regard, chaque soupir, chaque soupçon… Je risque bien plus que ton petit cœur fissuré. Clémence resta muette, pétrifiée. Elle sentit une honte acide lui monter dans la gorge. Elle ne pouvait rien répondre. Elle n’avait pas d’arguments. Fatima soupira, longuement. Toute la tension dans son corps sembla fondre d’un coup. Elle se détourna, marcha lentement jusqu’à la fenêtre entrouverte, puis, elle leva la main, paume ouverte, et fit un petit geste. L’orgueilleuse Fatima en avait les larmes aux yeux. Elle était amoureuse de la jeune Française et, en même temps, elle était très en colère contre elle. - Pars, maintenant ! Clémence ne bougea pas tout de suite. Mais elle finit par se lever pour ramasser ses vêtements sans un bruit, les enfila à la hâte, se sentant soudainement étrangère à cet espace. Lorsqu’elle ouvrit la porte, elle jeta un dernier regard à ...