1. « Clémence » (9) : la souricière.


    Datte: 30/08/2026, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... t’en supplie. Je suis à toi. J’ai envie de toi. Baise-moi !
    
    Mais il était déjà en train de récupérer ses clés sur le buffet. Il ne l’écoutait même plus.
    
    - Tu voulais jouer avec les règles ? Tu pensais que t’étais devenue plus maligne que moi ? Tu voulais protéger ton petit chien fidèle ? Très bien. Tu vas goûter à l’absence. Je te connais. Tu seras vite en manque. Je vais voir combien du temps tu vas tenir, petite salope. Tu es comme une droguée, complètement accro à ma queue.
    
    Il marcha vers la porte, sans un regard pour elle.
    
    - Zakaria ! Attends ! Reste ! Punis-moi si tu veux, mais ne pars pas comme ça ! J’ai besoin de toi…
    
    Il s’arrêta. Juste une seconde. Puis tourna la tête, lentement, pour la regarder une dernière fois.
    
    - Tu crois que t’as besoin de moi ? Tu vas comprendre ce que c’est, le vide, Clémence. Et tu vas pleurer, avant de ramper à mes pieds. Mais ce soir… Tu dormiras seule. Sans ma queue. Sans rien.
    
    Et il claqua la porte.
    
    Clémence resta debout, seule, au milieu du salon. Le souffle coupé. Le cœur battant. L’entrejambe brûlant de frustration, de honte, et d’un manque insupportable. Il l’avait laissée. Comme une traînée inutile. Comme une chose.
    
    ***
    
    Zakaria descendit lentement les marches, le visage fermé. Il tira son téléphone de sa poche, composa un numéro, puis porta l’appareil à son oreille. Il n’eut pas à attendre longtemps.
    
    - Enfin, fit une voix grave, autoritaire, glaciale.
    
    C’était Youssef.
    
    - Elle a tout balancé à ...
    ... son connard de mari, annonça Zakaria. Il s’est barré. Il a fui comme une chienne blessée. Comme un lâche ! C’est fini pour lui.
    
    Un silence. Puis Youssef reprit, posé, chaque mot étant pesé.
    
    - Les autorités m’ont confirmé ce matin la suspension officielle de Michel. Il est fini. L’administration française va le rapatrier. Il quitte Rabat bientôt. Ce garçon a perdu tout ce qui le définissait. Et maintenant que son monde s’est écroulé… Il ne reste plus qu’elle.
    
    Zakaria esquissa un sourire en coin.
    
    - Je la tiens, dit-il. Elle est en ruine. Elle croit que je vais revenir ce soir, qu’elle va pouvoir me supplier, se faire pardonner. Mais je l’ai laissée là, seule. Elle va tourner comme un animal en cage. Quand on la reprendra, elle ne luttera plus. Elle mendiera. Elle suppliera.
    
    - Bien, répondit Youssef. Alors il est temps.
    
    Le silence s’étira un instant. Puis la voix reprit, plus basse, plus grave encore.
    
    - Il est temps que je dispose d’elle. Comme prévu. Tu l’as assez travaillée. Assez humiliée. Elle est prête. Je la veux pour moi. Tu feras tout le nécessaire. Endroit, préparation, isolement. Pas d’imprévu.
    
    Zakaria hocha la tête.
    
    - Je m’en charge, Sidi Youssef. Vous pouvez compter sur moi.
    
    - Pas d’erreur. Je veux qu’elle comprenne, profondément, irrévocablement, à qui elle appartient désormais. Je veux qu’elle sache qu’elle ne sortira plus jamais de cette toile.
    
    Zakaria eut un sourire, mais il ne dit rien.
    
    - Je te rappellerai pour te donner mes ...
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