1. L'oubliée de Montmartre


    Datte: 26/08/2026, Catégories: #chronique, #réflexion, #drame, #initiatique, #romantisme, fh, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... câlins, des massages pour entretenir mon corps et mon esprit. Et puis… vous me paraissez être une jeune femme assez cultivée. Oui… il existe bien des façons d’occuper le temps d’un vieillard…
    
    Énigmatique, ce Victor est là qui me dévisage, alors que totalement hébétée, je ne saisis dans tous ces propos que le sens pratique de ceux-ci. Il peut m’aider et, quelque part au fond de moi, je suis prête à en assumer le prix. Bien sûr que, dans ma tête, il y a cette possibilité qu’il me faille coucher, mais il me parle de tout autre chose et je ne sais plus où j’en suis. Cependant, je garde à l’esprit qu’il peut m’avancer de l’argent et ça… c’est diablement important. Il insiste dans son discours et me pose des tas de questions. L’une d’entre elles revient.
    
    — Vous résidez où, belle demoiselle ?
    — J’ai toujours vécu sur la butte… et nous y habitons encore avec mon ami.
    — Montmartre… c’est le plus bel endroit de notre beau Paris… moi aussi j’y vis. Alors ? Que décide-t-on ? Vous les voulez, oui ou non, ces deux mille francs ?
    — Ben… pourquoi feriez-vous cela pour moi, vous, un parfait inconnu ?
    — Inconnu, dites-vous ? Mais non ! Je ne suis plus un inconnu, vous savez mon prénom et ça fait presque de nous des amis. Et puis… je n’aime pas voir les belles dames pleurer. Je suis là pour… vous, pour vous aider, mais c’est à vous de décider.
    — Et je devrais faire quoi en échange ?
    — Ne parlons pas d’échange, je viens de vous dire que je vous le donne cet argent… je n’ai besoin ...
    ... que d’amitié, voyez-vous !
    — …
    — Allez, jolie Agnès, suivez-moi.
    — Hein ? Où voulez-vous m’emmener ?
    — Mais… chez moi ! Vous imaginez bien que les rues ne sont pas si sûres, que je ne me promène pas avec des billets de banque plein les poches, à la merci du premier détrousseur venu… voyons !
    — Ah !
    
    Pour la montée des marches du Sacré-Cœur, Victor s’accroche à mon bras, plutôt essoufflé. Et puis… en annexe d’un des ateliers que je découvre, un tout pareil à celui que mon père occupe, nous entrons dans un appartement luxueux. Victor pousse un tableau… un coffre mural apparaît ! De celui-ci, il sort une liasse de billets. Il m’en tend quelques-uns.
    
    — Je pense que ceci devrait suffire à votre bonheur !
    — Mais… comment vais-je pouvoir vous les rendre ?
    — Oh… je ne vous demande pas de me les rendre, voyons ! Asseyez-vous, Agnès…
    
    Je m’exécute, trop heureuse de ma bonne fortune. Lui se tourne vers ce qui ressemble à une immense bibliothèque et tire d’une étagère un volume relié en marocain. Il avance de nouveau vers la table où je suis accoudée. Il pose le livre sur celle-ci, se tourne de nouveau vers un autre meuble ciré, l’entoure et en extrait une bouteille et deux verres.
    
    — Vous ne refuserez pas de trinquer avec un vieil homme, ma chère Agnès ?
    — Oh… non, non, bien sûr.
    — Et puis, un doigt de Porto n’a jamais fait de mal aux jeunes femmes.
    
    J’observe les gestes un peu hésitants du vieux Victor alors que le goulot du flacon tinte contre les rebords des deux ...
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