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L'oubliée de Montmartre
Datte: 26/08/2026, Catégories: #chronique, #réflexion, #drame, #initiatique, #romantisme, fh, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... merveilleux, par un gamin de mon âge. Henry connaît le quartier comme sa poche, et je ne sais comment, il se débrouille, mais un jour il est riche comme Crésus, et le lendemain fauché comme les blés. Quand l’argent vient à manquer à ce jeune couple que nous formons assez rapidement, installé dans sa chambre, je vais poser pour les peintres du quartier. Quelques sous, une histoire à l’eau de rose, et pourtant, je me sens heureuse comme personne. C’est là que mon Titi sait y faire. Je sais depuis peu d’où il sort ces fortunes éphémères, qui en quelques heures, peuvent changer de poche. Henry joue ! Au poker, et ses « amis » ne sont pas tous très recommandables. Je n’ai pas mon mot à dire, et si je tente de le raisonner souvent, il se moque gentiment de mes craintes. Il est si sûr de lui, si… persuadé qu’il va, comme il le souligne : « se refaire ». Mes arguments ne pèsent pas bien lourd dans la balance et nous filons parfois à l’anglaise, harcelés par la propriétaire de la chambre impayée quelques mois, ou plus inquiétant, des créanciers douteux. Henry a toujours un ami, une connaissance pour nous héberger une nuit ou deux. Vie de bohème qui dure longtemps, et je suis toujours aussi folle de mon incorrigible joueur. C’est donc un soir qu’il rentre affolé. Il a joué, perdu ! Gros comme il dit et… le type avec qui il s’est engagé ne rigole apparemment pas. Faire notre baluchon ? Impossible, parce que d’après Henry, ce type est un vrai caïd et… il nous retrouverait ...
... partout. Alors ? — Mais mon cœur, qu’est-ce qu’on va devenir ? — Je n’en sais rien, Agnès ! Mais viens là… — Henry, bon sang ! Nous ne pouvons pas vivre toute une vie comme ça, à nous cacher. Nous devrions travailler, faire comme tous ces gens qui vont bosser le matin et paient leur loyer, leurs factures. — Mais… tu imagines notre vie avec toi les mains abîmées, et moi crevé par une journée d’usine. Tu me vois chez Renault ou porteur de charbon ? Tu n’y penses pas, ma chérie ! Nous ne sommes pas heureux comme ça ? Allons ! Je dois de l’argent à Bébert ! Ce soir ou demain, je vais me refaire et il aura son dû ! Ne t’inquiète pas, tout finit toujours par s’arranger. — Et… — Et quoi, Agnès ? — Et si d’aventure ça ne s’arrangeait pas ? Si lui te retrouve, y songes-tu ? Ne m’as-tu pas dit que ce type, ce Bébert, était un homme dangereux ? — Ben… j’aviserai, ne t’inquiète pas, ma chérie… viens ! Viens donc, j’ai une petite faim. Et notre discussion, une fois de plus, se termine par une longue séquence de sexe dans notre lit. Folle ! Oui, c’est le mot, je suis raide dingue de cet homme et je veux le croire. J’adore ces instants où la peur se mêle à l’envie et… je suis persuadée que ça décuple mes émotions. Je jouis bien plus fort dans ces moments où le danger nous guette. Vue de mon esprit aveuglé par cet amour pour ce garçon ? Peut-être, mais je ne cherche pas à comprendre et je me donne avec l’énergie du désespoir, comme si toute notre vitalité se concentrait dans cet acte ...