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L'oubliée de Montmartre
Datte: 26/08/2026, Catégories: #chronique, #réflexion, #drame, #initiatique, #romantisme, fh, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
— xXx — Henry… mon Henry ! Vingt ans, toutes les illusions de la vie devant moi et dans ce Montmartre où se côtoient artistes et bandits, c’est devant Notre-Dame qu’il m’aborde. Une casquette sur des cheveux mal peignés, des taches de son sur le visage, et… un sourire. Un de ceux qui viennent vous frôler l’âme, qui y laissent une marque indélébile, presque un tatouage. Deux regards qui se rejoignent se mêlent et je suis submergée par quelque chose de plus fort que moi, de plus fort que tout ce que je sais de la vie. Henry… un titi parisien, Henry… mon Poulbot. C’est là entre la rue des Saules et « la Maison rose » que nous nous voyons régulièrement, en cachette de mes parents. Mon père, Jacques, il gribouille dans un atelier des portraits de passants. Maman est danseuse au Moulin Rouge. Je suis la fille d’un couple d’artistes qui vit de l’air du temps et des quelques sous ramenés à la maison par ma mère. Pas de bride sur le cou, pas de contrainte, je vais à l’école et mon rêve ? Rencontrer un prince charmant qui viendra m’enlever. Une autre époque, bien sûr. Alors… Henry, c’est un gamin de Paris, un gosse qui comme moi traîne dans les rues. Mais il est si beau, trop sans doute. Et je suis sous le charme au premier coup d’œil évidemment. Il n’est pas pressé, ne m’entraîne pas non plus dans son lit le plus vite possible. Non ! C’est, comment le dire, comment le définir, une romance très chaude. Henry… vole quelques fleurs à la vieille Armande et, un œillet sur ...
... l’oreille, vient, un genou à terre, m’offrir son bouquet. Il m’amuse, me fait rire, et moi… je suis subjuguée. Une vraie cour, avec des mots tendres, des gestes câlins. Un après-midi ! Oui ! C’est par un après-midi où des éclairs zèbrent le ciel parisien que nous nous réfugions dans la chambre qu’il loue contre de petits boulots. Et… c’est bien ce jour-là que je deviens femme. Les baisers échangés se transforment en quelque chose de magique, en un échange entre un homme et une femme. Des gestes gauches, des caresses malhabiles pour un feu d’artifice qui font monter en moi un sentiment inconnu. Oui ! D’amoureuse sage, je passe au rang de maîtresse. De longues séquences où nous apprenons nos corps, nous découvrons aussi le sexe. Il aime tout, je ne refuse rien et ça ne peut que lui plaire. Notre histoire s’installe dans la durée, je ne parle de rien à mes parents. De toute façon, m’écouteraient-ils ? Entre papa et ses amis qui boivent de l’absinthe en jouant de la musique tout en chantant, et maman qui papillonne avec ces fameux copains, je suis l’oubliée de service. Qui se soucie de la gamine qui, dans son coin, devient une femme ? Henry, lui, prend soin de moi, me met en valeur, me rend… belle. Oui ! C’est cela, il me rend belle. Alors, je vis ce qui peut l’être et cet amour qui me transcende, c’est le plus beau du monde, le plus grand aussi. Je ne suis plus une petite fille qui traîne les rues, je me retrouve en quelques semaines, propulsée au pinacle de l’amour le plus ...