1. la fin du lithium


    Datte: 20/08/2026, Catégories: f, Auteur: Landeline-Rose Redinger, Source: Revebebe

    ... saveur. Mais je me devais à minima de franchir le cap et tenter l’épreuve du plaisir.
    
    Les codes ne changent guère et il n’est que peu de recherches vestimentaires à faire, pour que le corps d’une femme devienne l’objet de convoitises multiples, de tentations voire d’impudence.
    
    Pas plus que votre épouse, votre amante, votre fille, pas plus que vous-même – car n’avez-vous pas un jour, revêtu devant le miroir, les jupes et dessous de votre épouse votre amante votre fille – je ne suis singulière. Non. Comme le soleil était de la partie en ces premiers jours de printemps, je sortis de chez moi. Courtement vêtue, perchée sur mes Louboutin, je m’interrogeais sur ma place réelle dans cette rue, dans cet espace social. Je cherchais en vain, sans doute, un ami cher qui s’était éloigné. D’ailleurs plus qu’un ami, le désir fut depuis l’enfance un compagnon fidèle, avant de disparaitre après tant de temps, sans crier gare.
    
    Sur le quai du métro, je retrouvais ce que j’avais perdu de vue. Les regards obliques, insistants, visibles, rieurs, envieux, brutaux. Tous ceux-là qui jadis me rendaient déjà à l’état humide. Pour l’heure rien ne m’arrivait. Mais je poursuivais mon effort, ma quête. À l’ouverture des portes, amassée, la petite foule s’engouffrait. Une main se collait à mes fesses, mais les quittait bien vite. Pour donner plus de chance au plaisir, j’avais sous ma jupe, un filin plus qu’un string, d’une dentelle si fine qu’un dé à coudre l’aurait contenue. Ma peau qui ...
    ... d’ordinaire frémissait au moindre contact, demeurait plane comme étrangère à la promiscuité. J’avisais, appuyé à la porte, un petit homme joufflu qui détourna son regard quand je soutenais le sien. Voilà bien celui qu’il me faut, pensais-je. Petit gros, chauve, presque laid. J’avais connu de cette espèce. Un dépassement d’eux-mêmes peu ordinaire sur le plan sexuel, tout comme si la fin du monde leur caressait l’échine ; cette engeance porcine était capable d’audacieuses démarches. Bref, cherche celui-là et que la voie de son désir soit aussi la tienne. En somme j’avais l’attitude de la fervente que Dieu semble avoir abandonnée. Deux stations plus loin mon homme était encore là. Puis trois, puis quatre. Celui-là savourait son moment, attendait un signe du destin. Je ne dirais pas que je forçais ma nature, car ma nature d’avant l’hiver inclinait à l’ouverture, à l’offrande. Mais là mon corps était une plaine froide balayée d’un vent peu amène. Mais je n’étais pas femme à battre froid. Aussi laissais-je un groupe de Nippons-Nikon envahir le wagon et me collais contre le ventre replet du petit homme. Sans doute fut-il dur avant que nos corps ne s’accolent, mais je sentais avec une réalité matérielle la barre de son sexe contre ma fesse gauche. Pour autant ce ne fut là qu’un élément mécanique qui n’éveilla rien qu’une indifférence de mes sens. Sans que nos regards se croisent, lui se maintenait à plat dos contre la vitre, et moi devant littéralement plaquée contre lui. Je glissai ma main ...