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Des débuts difficiles
Datte: 18/08/2026, Catégories: init, fh, hplusag, Auteur: Liane, Source: Revebebe
... n’était pas étranger au fait qu’elle se soit mariée avec un nabot. Quel couple, celui de mes parents, les jours où je me sentais un peu moins monstrueuse, ils me donnaient vraiment la honte. Mais la plupart du temps, je restais confinée dans le dégoût de ma petite personne. Avec le recul qui est le mien, je suis certaine qu’il devait y avoir aussi un problème hormonal derrière mon absence de féminité et qu’en toute logique, j’aurais dû suivre un traitement. Mais, à l’époque, autant que je le sache, aucun médecin ne l’a proposé à mon entourage, de même que je n’ai eu droit à aucun psy pour m’aider à démêler mon anxiété. Je suis restée isolée durant de longues années avec un mal-être profond qui m’a rendue profondément malheureuse. Mes parents bossaient tout le temps et s’occupaient très peu de moi ; je n’ai pas souvenir de gestes câlins envers moi, ils ne savaient pas exprimer leurs sentiments. Ceci dit, je n’avais pas à me plaindre, je ne manquais de rien au niveau matériel ! J’aurais sûrement pu faire de grandes études, car les profs s’entendaient généralement pour dire que j’étais intelligente et plutôt douée en classe. Pas étonnant, avec un père ingénieur et une mère qui enseignait en université et qui était chercheuse à ses temps perdus. Mais les problèmes psychologiques eurent raison de mon assiduité, bien avant que je ne puisse vraiment briller. Une longue dépression suivit, durant laquelle je restai enfermée entre quatre murs, à broyer des idées noires… ...
... jusqu’au jour où, n’en pouvant plus, je me décidai enfin à aller voir une psychologue sans en parler à mon entourage, ils n’auraient pas compris de toute façon. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que je parvins à casser le cercle vicieux qui m’entraînait sans cesse un peu plus vers les abîmes. Je dois reconnaître que cette thérapeute me sauva la vie, car j’étais prête à commettre l’irréparable ; mais cela se fit au détriment des maigres économies que j’avais héritées de ma grand-mère. Très rapidement, pour poursuivre ma psychanalyse, il fallut que je me trouve un travail, cela faisait aussi partie de la catharsis. J’avais commencé par mettre des fromages en boîte dans une des laiteries de la ville, puis avais été éplucheuse de légumes chez un traiteur, avant de me retrouver femme de ménage dans un hôtel minable… j’ai accumulé plusieurs petits boulots, que j’exerçais souvent sous anxiolytique, pour être en mesure de tenir le choc. À l’âge où la plupart des jeunes filles vivent des histoires d’amour, je pleurais des nuits entières en maudissant mon triste sort, surtout lorsque, dans la journée, j’avais croisé dans la rue un couple en train de se bécoter et que cela m’avait bien foutu les boules. Quelque chose me manquait, c’est indéniable, mais j’avais l’impression de ne pas y avoir droit : un baiser ou une caresse, tous ces délices m’étaient refusés, j’en crevais pourtant d’envie. Ma première expérience sexuelle fut particulièrement minable. Cette année-là, je venais ...