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Sexe, transats et thermorégulation
Datte: 13/08/2026, Catégories: Humour #érotisme, #volupté, #rencontre, #occasion, #BDSM / Fétichisme, #lieudeloisir, Auteur: L'artiste, Source: Revebebe
Il fait 43 degrés à l’ombre. Le soleil s’abat sur le Club Med comme une malédiction, un châtiment astral, une vengeance du dieu Râ contre l’humanité suante. Les transats fondent. Les bites aussi. Le carrelage autour de la piscine a pris une teinte bizarre, comme s’il s’apprêtait à entrer en fusion. Moi, je suis là, assise sur ma chaise haute, en position de guet statique depuis deux heures. Maillot une pièce rose fluo, sifflet collé au creux des seins, lunettes noires de combat. J’ai adopté une position semi-mortuaire : jambes écartées, bras pendus, regard hagard. J’observe le bassin, vide, comme un salon libertin en pleine épidémie de gastro. Une mouette me juge depuis la rambarde du snack. « Surveillante de baignade » : un métier noble, disait mon oncle, ancien gendarme. Mais inutile en cas de canicule. Personne dans l’eau. Personne ne court. Personne ne flirte. Les clients errent, traînant leurs tongs comme des boulets. Même les enfants sont calmes, c’est dire. Il ne se passe rien. Mais genre… vraiment rien. Les libidos aussi ont fondu. La veille, j’ai surpris un couple tentant mollement une position du missionnaire dans un transat double. Elle a glissé. Il a juré. Ils ont renoncé. Et moi, je regarde tout ça, sidérée. Normalement, ici, en août, c’est l’orgie à peine voilée. Les corps brillent, s’aimantent, les peaux s’embrasent. Les animateurs draguent à tour de bras. Les vacanciers s’évaluent sous l’eau. Les soirées dégénèrent gentiment. On frôle le sexe tous les ...
... trois mètres, comme un courant d’air chaud dans les couloirs. Mais là ? Le désert. L’abstinence olympique. La sécheresse émotionnelle et charnelle. Même Paulo, notre gourou du body-combat, a craqué hier. — Je peux plus, Chloé, qu’il m’a dit en pleurant. Mes testicules sont remontés dans ma gorge. Et il est parti poser une RTT à la réception, torse nu, en sandales crocs. La direction, elle, fait ce qu’elle peut. Elle tente de maintenir l’illusion d’une ambiance. Atelier smoothie érotique. Soirée « glace et caresses ». Cours de yoga tantrique par 40 degrés Celsius en plein air. Échecs. Les couples se disputent mollement, les célibataires errent dans les couloirs climatisés à la recherche d’une connexion… Wi-Fi, surtout. Pas une levrette à l’horizon. Pas un orgasme sonore. Le seul bruit aigu que j’ai entendu ce matin venait d’un citron pressé dans un gin-tonic. Moi, là-dedans ? Ma libido ? Quelque part… profondément enfouie. En veille. Une bête endormie au fond d’un hamac. J’en suis pas réduite au fantasme des glaçons sur les tétons, mais je sens que ça ne saurait tarder. Et puis… il est arrivé. Midi pile. Heure fatidique. L’instant où l’air devient visqueux et que les grillons eux-mêmes font grève. Je l’ai vu surgir à l’entrée du solarium, silhouette noire sur fond de lumière blanche. Un homme. Lunettes teintées. Sac à dos ridicule. Il avançait d’un pas tranquille, comme s’il n’était pas affecté par la chaleur. Perso, j’ai senti un frisson. Une onde m’a remonté ...