1. Jade, ou les Nuits de Sel et de Galets


    Datte: 07/08/2026, Catégories: #poésie, #réflexion, #psychologie, #érotisme, #fantastique, #romantisme, #volupté, #rupture, #confession, Auteur: majaas, Source: Revebebe

    ... dernière chose, dit-elle. Si tu t’arrêtes, j’arrête. Si tu hésites, je m’endors.
    — C’est violent.
    — C’est clair.
    
    Elle s’éloigne vers l’escalier de pierre qui descend à la plage. Je règle le café d’un geste, récupère mon carnet comme un talisman inutile. Le serveur hoche la tête avec un petit sourire entendu, comme si la scène avait déjà eu lieu hier et qu’on la rejouait pour le public.
    
    Sur les galets, la lumière a changé d’un degré. Le clapot résonne plus bas. Elle ne se retourne pas. Elle sait que je suis là.
    
    — Tu parles, je fais, répète-t-elle sans hausser la voix.
    
    Je m’arrête à un pas, l’air dans ma gorge accroche. Au large, le turquoise a pris de l’ampleur.
    
    — Descends, dis-je.
    
    Verbes, pas nuages. Le monde se cale.
    
    Elle pose le pied sur la première marche. Les vagues lèchent la rive. Le vent tourne d’un cran. Je reste un pas derrière. Nous descendons.
    
    — Pose la main sur les galets.
    
    Elle s’accroupit, jambes repliées. Nuque offerte. Son dos respire.
    
    — Relève ta robe jusqu’à la taille.
    
    Ses doigts glissent. Le tissu remonte. La peau prend la lumière.
    
    — Retourne-toi. Écarte un peu les cuisses. Juste assez.
    
    Elle se retourne, me fait face. Elle écarte. Pas plus. Pas de dessous, mais la pudeur tient la ligne.
    
    — Reste là. Ne bouge pas.
    
    Elle sourit. Sa respiration se cale au clapot.
    
    Je me baisse. Les galets roulent sous mon genou. Odeur de sel, de coton chaud. J’approche le visage.
    
    — Ferme les yeux.
    
    Les cils tremblent une ...
    ... seconde puis se posent.
    
    — Inspire.
    
    Son ventre se soulève, redescend. Calme. Je pose ma bouche au creux de sa hanche. Baiser bref. Sa peau frissonne. J’avance d’un doigt sur sa cuisse.
    
    — Parle, dit-elle à voix basse.
    — Tu te détends. Tu m’attends.
    
    Elle s’appuie davantage sur la paume. Le galet crisse. Un souffle lui échappe.
    
    — Tu veux que je t’écrive ?
    — Oui.
    
    Je glisse la langue, une fois, lentement, sans insister. Son dos ondule. Elle desserre encore un peu, juste ce qu’il faut.
    
    — Ne donne pas tout, dis-je. Garde une part.
    — Alors prends le reste.
    
    Je m’y remets, simple, précis, sans détour. Verbes, pas nuages. Ses doigts agrippent les galets, se relâchent, agrippent. Sa voix devient courte.
    
    — Parle encore.
    — Tu te laisses faire. Tu t’ouvres. Tu m’accueilles.
    
    Elle gémit, gorge basse. Son bassin vient chercher ma bouche, puis s’immobilise pour tenir la vague. Elle m’attrape par les cheveux, me garde, me règle.
    
    — Prends-moi, susurre-t-elle.
    
    Je défais ma ceinture. L’air touche ma peau, brûlant et froid à la fois.
    
    — Reste. Laisse-moi entrer, dis-je.
    — Je t’attends.
    
    J’avance. Lentement. Elle m’engloutit par degrés, retient, relâche. Son cri se casse en silence. Les galets accrochent nos genoux. L’eau parle à côté de nous, régulière.
    
    — Encore.
    — Oui.
    
    Le rythme s’installe, court, net. Le monde se réduit à trois points : sa main sur les galets, la mienne à sa taille, la chaleur qui nous tient. Je me penche, trouve sa bouche. Sel, ...
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