1. Camp-climat


    Datte: 29/07/2026, Catégories: Humour #nonérotique, #aventure, hplusag, campagne, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... d’activistes et que mon mauvais caractère m’oblige à fuir et puis ce n’est pas la peine d’esquiver le point douloureux, il y a cette jeune femme qui m’a souri au petit déjeuner, une petite rousse aux yeux malicieux, débordant d’énergie. Elle est jolie comme tout, elle a vingt ans de moins que moi, elle m’a souri. Fin de l’histoire. Il ne se passera jamais rien entre nous et je finirai mes jours seul, à attendre l’apocalypse avec impatience. Le chemin est plus long que je ne le pensais, parfois encombré de ronces mais je commence à entendre les camions.
    
    Je descends dans une combe et je dois traverser une petite rivière qui glougloute dans le noir. J’ai de l’eau jusqu’aux genoux mais comme je suis déjà trempé, cela ne fait pas beaucoup de différences. Ensuite, je remonte la pente pour arriver subitement dans un espace dégagé qui surplombe l’autoroute. Il fait beaucoup moins nuit ici. Les phares des camions illuminent les arbres. Sur la deuxième voie circulent les voitures puissantes des vainqueurs qui traversent le pays à grande vitesse et éclairent jusqu’aux nuages quand ils arrivent en haut d’une côte. Je reste immobile à contempler le spectacle. Notre cerveau préhistorique est toujours attiré par la lumière. Je pense au film Rencontres du troisième type. J’aimerais que des extraterrestres débarquent un jour pour mettre au pas les complexes militaro-industriels de la planète.
    
    Je reste accroupi en haut de ma bosse un long moment, essayant de comprendre ce que je suis ...
    ... venu faire ici avec ma tronçonneuse mais déjà, j’ai étudié tous les arbres de la lisière et j’ai choisi ma victime, un pin immense dont le tronc penche déjà vers ma cible. Je ne suis pas un fétichiste de la nature et je suis capable de tuer un animal pour me nourrir, s’il court moins vite que moi car j’ai une vraie aversion pour les armes à feu.
    
    En général, je remercie l’arbre du don qu’il me fait et je jette un peu de sciure en l’air, un rituel plus ou moins piqué aux Indiens d’Amérique mais là, je me contente de calculer l’axe de chute et je me mets au travail. Très vite, j’oublie le froid et la pluie et je travaille avec un maximum de concentration. De temps en temps, des phares trouent la nuit et éclairent brusquement mon chantier. Les pétarades de ma tronçonneuse se répercutent d’arbre en arbre et j’ai l’impression que le monde entier l’entend. Finalement, le géant abandonne le combat et s’écroule là où je l’ai décidé, c’est-à-dire en travers de l’autoroute. Satisfait, j’éteins mon engin de mort et je repars dans la nuit.
    
    2. Le matin
    
    Lorsque je sors de ma tente, aux premières heures du jour, le déluge nocturne a laissé place à un ciel clair, d’une pureté lumineuse, ce qui me redonne un peu de tonus car j’avoue que je me suis couché déprimé avec la nette impression que j’avais déconné. Presque personne n’est debout mais lorsque je gagne le barnum qui abrite la cuisine, je constate que les bénévoles de l’équipe alimentation sont déjà au travail. Pour ma part, je ne ...
«1234...7»