1. Rancune tenace suivi de Gaijin


    Datte: 26/07/2026, Catégories: #chronique, #nonérotique, #aventure, #fantastique, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... carrés).
    
    La Gaijin paraissait minuscule, comment se pouvait-il qu’une telle petite chose ait pu terrasser un Dragon Kirin ? Elle était la preuve vivante qu’il ne fallait pas juger selon les apparences.
    
    La rencontre avec l’empereur fut un peu gâchée par les protocoles auxquels Hélène dut se soumettre et elle ne dura qu’une petite dizaine de minutes. Le tout-puissant lui demanda de lui conter son aventure, une fois celle-ci finie, ses proches conseillers la remercièrent et ce fut tout.
    
    La Gaijin était terriblement frustrée mais Maryko Sama lui rappela l’incommensurable honneur qui venait de lui être fait : rares étaient les Nippons à avoir pu raconter leur histoire à leur seigneur. Finalement, Hélène se rendit compte à quel point le grand empereur était désespérément seul, le pouvoir ne se partageait pas et il pouvait être une malédiction.
    
    — Le pouvoir a un terrible prix : il enferme celui qui le possède à une solitude implacable, dit-elle.
    — C’est bien le prix à payer, le pouvoir équivaut à la fin de l’insouciance, lui répondit Maryko Sama. Ne crois pas que Yoshii Yabushige ait jamais souri !
    — Je l’ai déjà vu !
    — Oui, tu es comme une petite lumière pour lui. Sans t’en rendre compte, tu lui as plus offert qu’il ne t’a donné !
    
    À son retour, elle passa le plus clair de son temps à s’entraîner et à apprendre. Jamais le prêtre lusitanien Enrico ne fut si présent. À ses côtés, elle parfaisait ses connaissances sur l’occident. Elle s’enquérait notamment de ...
    ... l’Hexagone, son pays natal, et sans qu’elle puisse vraiment l’expliquer, une sorte de fascination pour cette terre lointaine s’exerçait en elle – de même qu’elle se sentait irrémédiablement attirée par la mer.
    
    Le prêtre lui enseignait la théologie mais son élève restait fermée à la notion d’un Dieu monothéiste qui avait ses préférences pour certaines parties du monde ou pour certains peuples. En grandissant, elle avait développé sa propre croyance. La terre « Gaïa » n’était pas qu’un simple amas de roche, de végétation, de faune, c’était une véritable entité ayant une conscience, une pensée. La terre était un être vivant sur lequel d’autres organismes vivaient en symbiose. La mer était l’être le plus puissant que la terre acceptait en son sein. La mer, les mers, toutes ces étendues d’eau, salées ou douces, n’étaient qu’un seul élément, une seule et même essence, c’était un être supérieur. Pour pouvoir y voguer, il fallait savoir lui parler et Hélène avait le sentiment qu’elle en avait le pouvoir.
    
    En Nipponie, les traditions étaient strictement suivies, rien ne pouvait y déroger. Malgré tous les efforts que la Gaijin déployait, elle n’avait aucune chance de devenir un jour samouraï. Elle respectait à la lettre le Bushido, cependant, elle avait une particularité qui l’empêchait d’accéder à cet immense honneur : son sexe.
    
    Consciente de cette réalité, son moral en prit un coup et elle commença à se désintéresser des arts martiaux. Elle reporta toute son attention sur l’univers ...