1. Rancune tenace suivi de Gaijin


    Datte: 26/07/2026, Catégories: #chronique, #nonérotique, #aventure, #fantastique, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... arc et invita « O Shiri no kyofu » à dégainer son katana.
    
    Soudain, deux arbres craquèrent dans une explosion terrible sous la charge d’un gigantesque animal. Il tenait dans sa gueule Muraji Jinsai qui hurlait sous la pression des crocs qui lui broyaient le corps. Marihuja dans un réflexe foudroyant décocha des flèches mais aucune ne brisa la carapace du Dragon Kirin. Il fit voler sa première victime loin dans les airs pour se concentrer sur cette nouvelle proie et se projeta sur elle à une vitesse prodigieuse. La jeune adolescente, n’écoutant rien d’autre que son courage et sa volonté de sauver le vénérable samouraï, se lança également dans l’assaut.
    
    La bête lui tournait le dos, elle ne la vit pas lorsque Hélène se plaça sous son ventre – peut-être le seul endroit où elle était vulnérable, le seul endroit que sa carapace d’écailles ne couvrait pas.
    
    Hélène lui lacéra les viscères de toute la longueur de son katana.
    
    La bête avait déjà le vieux samouraï entre les crocs lorsqu’elle comprit qu’un humain s’était placé sous elle, elle s’arc-bouta, tenta désespérément de faire face à cet ennemi qu’elle ne pouvait voir, cependant c’était trop tard pour elle, ses jambes cessèrent de la porter, elle tomba. Allongée sur le flanc, prête à mourir, elle vit un insignifiant humain, plus petit que ceux qu’elle venait de tuer, se pencher et la trancher d’un coup de sabre depuis sa mandibule jusqu’à son museau.
    
    La bête mourut instantanément sous le dernier coup d’Hélène ...
    ... lorsque enfin les renforts arrivèrent. Les samouraïs virent le dragon éventré, la Gaijin le sabre à la main et couverte de sang. Marihuja Yagotomi, lui, avait la jambe broyée, mais était bel et bien en vie.
    
    Portée en triomphe, la jeune Gaijin avait gagné en respect auprès de tous les guerriers et sa réputation traversa les îles pour atteindre l’empereur. Qui était donc cette gamine qui venait de terrasser un tel monstre ? Le souverain de la Nipponie envoya un pli par pigeon voyageur afin que le Daimyo de Shikuzen puisse lui présenter sa protégée.
    
    En attendant, une juste récompense fut promise, et le Daimyo demanda au maître forgeron Hatori Hanzo de forger la meilleure des lames pour Hélène. L’artisan dont la renommée dépassait largement les frontières accepta la demande du seigneur Yabushige, et se mit à l’ouvrage. C’est dans un acier Tamahagané le plus pur qu’il façonna ce qui serait son chef-d’œuvre. Une lame à nulle autre pareille dont le Hamon serait unique, comme celle à qui cette lame était destinée.
    
    Lorsqu’il trempa enfin la lame, chauffée à la couleur d’une lune d’automne, dans l’eau cristalline d’une rivière sacrée, le choc thermique donna instantanément sa courbure naturelle et caractéristique du katana à l’acier. Mais un bruit terrible se fit entendre.
    
    La lame hurla… elle hurla – non de peur, non de douleur, mais de rage.
    
    Inquiet qu’un quelconque défaut ait pu se faire jour dans la structure de l’acier, Hatori Hanzo chercha méticuleusement mais ne trouva ...
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