1. Rancune tenace suivi de Gaijin


    Datte: 26/07/2026, Catégories: #chronique, #nonérotique, #aventure, #fantastique, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... rien, aucune fêlure, aucune cassure, aucune malfaçon. Comprenant que c’était sans doute l’œuvre d’un kami farceur ou un effet secondaire de la nature sacrée de l’eau utilisée pour la trempe, le maître forgeron l’accepta comme étant un signe du destin de cette lame unique. Quoi qu’il en soit, le katana encore en préparation venait de donner à son forgeron son nom… Sabeku Kinzoku « Metal Hurlant ».
    
    Le katana n’était pas une simple lame, c’était l’âme même du guerrier. Même si Gaijin Hélène n’était pas et ne serait jamais un véritable samouraï, cette arme incarnait les valeurs du Bushido. Il est dit que Metal Hurlant, une fois dans les mains de sa propriétaire, cria sa loyauté et sa fureur de vaincre.
    
    Le Daimyo Yoshii Yabushige possédait le plus grand Atakebune de l’empire Nippon, c’était un puissant navire cuirassé propulsé par près de deux cents rameurs : une véritable forteresse flottante. Il semblait indestructible tant et si bien qu’un sentiment de sécurité et de plénitude accompagnaient l’héroïne, car c’est bien ainsi qu’elle était traitée. La récompense d’avoir un katana de maître Hatori Hanzo la remplissait de fierté mais d’être présentée à l’empereur lui-même était le plus grand honneur qu’on puisse lui rendre.
    
    C’est probablement dû à cette période enchantée qu’elle associa la mer à l’endroit où elle se sentait le plus chez elle. Plus que nulle part ailleurs, c’était sur les bateaux qu’elle se révélait. La traversée ne dura qu’une journée, mais elle resta ...
    ... gravée à jamais en elle et à peine le pied posé à terre, la Gaijin voulait reprendre la mer.
    
    Edo, sur l’île principale de Honshu, la capitale de la Nipponie, s’étendait à perte de vue devant le grand Atakebune. Une ville majestueuse, érigée par la main de l’homme, construite de manière réfléchie, où toutes les maisons étaient disposées géométriquement, calculées pour maximiser l’espace et toutes identiques afin de n’éveiller aucune convoitise ou jalousie.
    
    La ville formait un gigantesque carré dans lequel étaient disposées en cinq parties, toutes séparées par des canaux, les demeures des moins fortunés aux plus puissants. Au centre de la cité s’élevait le plus grand château jamais bâti : le palais de l’empereur, le palais impérial Kokyo. Entouré de palais résidentiels et de douves, le siège du chef suprême de la Nipponie était le centre du pouvoir politique.
    
    Pour y accéder, il fallait passer un nombre incalculable de points de contrôle qui donnait chacun sur un jardin incitant à la contemplation, orné de statues, de lanternes en pierre et d’un portique appelé Tori, une véritable création associant les lignes et les formes.
    
    Enfin, le Daimyo et sa protégée arrivèrent devant l’entrée de Kokyo. Ils attendirent qu’on veuille bien les annoncer avant de pénétrer dans la salle d’audience principale. C’était la partie centrale du palais, peut-être le plus grand bâtiment du complexe. Sa superficie dépassait les deux cent vingt-trois tsubo (environ sept cent trente-cinq mètres ...