1. Rancune tenace suivi de Gaijin


    Datte: 26/07/2026, Catégories: #chronique, #nonérotique, #aventure, #fantastique, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... Nippone. Cette dernière lui enseigna l’écriture nippone, le Shodo ou la « voie de l’écriture », les Hiragana, les Katakana et les Kanji qui la caractérisent, elle lui apprit à composer d’élégants et courts poèmes appelés haïkus. Et elle était aussi reconnaissante de l’enseignement patient du prêtre Enrico en charge de la géographie, de l’astronomie et de la géopolitique.
    
    L’enfant assimilait très bien les leçons, mais elle gardait dans son cœur une rage qu’il fallait expulser. Elle était attentive jusqu’au moment où le maître d’armes Muraji Jinsai enseignait l’art du combat au sabre, au couteau, où il dispensait ses leçons de tir à l’arc à ses élèves, jeunes ou âgés. Dès lors qu’elle les voyait répéter toujours les mêmes mouvements qui ressemblaient presque à des danses, le père Enrico ou Maryko Sama la perdait.
    
    — Reste concentrée, la calligraphie exige le meilleur de toi. À chaque ellipse, on doit pouvoir y lire ce que tu ressens.
    
    Mais Hélène n’était plus vraiment là :
    
    — Pourquoi, je ne peux pas apprendre à me battre ?
    — Parce que ces leçons sont réservées aux hommes. Une Nipponne ne doit pas s’abaisser à cela. Toutefois, les hommes que tu vois n’apprennent pas à se battre, ils apprennent à se défendre.
    
    Le soir, elle en parlait avec celui qu’elle considérait de plus en plus comme son père adoptif, le Daimyo Yoshii, qui refusait obstinément la demande de sa « Gaijin ».
    
    Elle avait du temps de libre comme tous les enfants et elle commençait enfin à être ...
    ... acceptée. Elle supportait les remarques blessantes des petits Nippons qui lui rappelaient régulièrement qu’elle était une « Gaijin », jusqu’au jour où, folle de rage, elle répondit à une énième insulte par un coup de poing.
    
    Cela fit toute une histoire et elle fut punie, mais Yoshii Yabushige comprit qu’il n’avait pas vraiment le choix, il fallait qu’elle apprenne à canaliser son énergie.
    
    Il ordonna à Muraji Jinsai de la prendre comme apprentie.
    
    — Les Nipponnes n’ont pas à apprendre à manier le sabre.
    — Elle n’est pas nippone, répondit malicieusement le Daimyo. De plus, tu le sais comme moi, elle a du sang de guerrier qui coule dans les veines… Peut-on espérer qu’une tigresse devienne un chat ?
    
    Ainsi commença un long apprentissage qui emmena la Gaijin dès l’âge de treize ans à être meilleure bretteuse de toute l’armée de Yoshii Yabushige, meilleure duelliste que n’importe quel samouraï. Elle bougeait mieux que quiconque sur la danse des sabres et des Nodachis. Elle anticipait chaque mouvement et chaque attaque avait été si bien étudiée qu’elle trouvait une parade avant même que cette dernière soit lancée.
    
    Par contre, l’arc restait une énigme pour elle, les flèches partaient dans tous les sens sauf celui voulu.
    
    Elle maîtrisa parfaitement le Iaido, cet art martial non combatif consistant à dégainer, trancher en un coup, puis nettoyer symboliquement son sabre avant de le ranger dans son saya (son fourreau). C’était un entraînement ayant pour but de ne faire plus ...
«12...456...10»