1. On ne trompe pas le Capitaine Ded suivi de Un monde inconnu


    Datte: 24/07/2026, Catégories: #chronique, #nonérotique, #aventure, #fantastique, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... élu.
    
    Les pirates avaient pour domicile plusieurs îles de l’Ouest et notamment l’île de la murène « Murena ». Les boucaniers, les pirates qui restaient à terre, étaient en charge de défendre ces terres des envahisseurs occidentaux.
    
    — Lorsqu’un bateau arrive dans la rade, il doit payer des droits d’accostage ou de passage – même nous. Ainsi, les boucaniers sont payés pour leur engagement à défendre nos terres. Ce n’est pas parce que nous sommes des hommes libres que nous avons le droit de tout faire n’importe où et n’importe quand, il existe des règles qui structurent nos vies. Tu vois, jeune Betty, nous ne sommes pas des monstres.
    — Mais vous avez un domicile, un pied-à-terre ?
    — Non ma chère, mon domicile, c’est l’Albatros. Lorsque je vais à terre, je dors dans les hôtels et me comporte comme n’importe quel client : je paye.
    
    C’était une sacrée révélation pour la jeune Betty, ainsi les pirates n’étaient pas les monstres décrits – bien au contraire, ils étaient pour la plupart raisonnables et avaient un but dans leur existence : ils aspiraient à fonder une société juste. La description qu’en fit Fleur de Tonnerre ébranla la jeune fille dans ses convictions les plus profondes, mais sa mère lui remit un peu de plomb dans la tête.
    
    — Notre roi est devenu monarque de droit divin, ne l’oubliez pas jeune sotte. Il est la voix de Dieu, il est sa volonté… Ainsi Dieu, le tout-puissant se tient au côté de Britania.
    
    Cela amusa Mary qui ne put s’empêcher d’intervenir ...
    ... :
    
    — C’est aussi ce que pensent les Hexagons, les Bataves, les Lusitaniens et les Ibères. Leurs rois sont aussi issus de droit divin… Il aime bien foutre la merde, votre Dieu…
    
    Outrée Madame se signa et demanda à sa fille d’en faire de même.
    
    Le soir, les marins chantaient de tristes mélodies au son du violon, de la guitare et du tambourin et en écho une baleine leur répondait. Les étoiles dans le ciel sans nuage scintillaient et la lune se reflétait sur une mer calme. Ils mangeaient de leur pêche et s’enivraient de rhum sous la surveillance de Pique-Viande. L’alcool aidant, les esprits s’échauffaient et quelques propos grivois étaient lancés envers Banche qui était de la partie et qui ne se gênait pas pour les renvoyer à leur place.
    
    Madame Sanders restait dans la cabine, à l’abri de tous ces soudards (selon ses propres termes), ce qui faisait sourire malicieusement Fleur de Tonnerre.
    
    — Écoutez chère Madame, écoutez la mélancolie au travers de ces chants… n’y entendez-vous pas de la beauté ?
    
    C’est la jeune Betty qui s’y intéressa :
    
    — De quoi parlent ces chansons ?
    — Elles parlent d’amour essentiellement – des amours que les marins laissent dans les ports. Elles parlent également de la famille, une famille souvent oubliée et elles parlent du petit paradis auquel chacun aspire : un petit lopin de terre à cultiver, un petit chez-soi et une femme à chérir.
    — Pourquoi ? Pourquoi ces hommes choisissent-ils cette vie d’errance ?
    — Non, ce n’est pas un choix… C’est ...
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