-
Lait caillé et douche de lait
Datte: 15/07/2026, Catégories: frustration, laitage, #journal, #initiatique, Auteur: Pantoufltonic, Source: Revebebe
... collait aux basques, à cause de mon humour de routier ou de mes dessins aux métaphores lubriques. Souvent, je me répétais « l’appétit vient en mangeant » pour me redonner le coup de fouet nécessaire à l’écartage de cuisses. Mon plaisir s’exprimait plutôt à travers les apéros binouses et cubes de frometon sur lesquels je me ruais, la langue déjà pataugeant dans la salive. Apéro entre potes, au sein de la smala ou rien qu’à deux devant la télé avec ces délicieux plateaux de comté, gruyère, vieux gouda ou vieux Brugge ou encore d’emmental, saupoudrés de cumin ou de sel céleri, la table en bois couverte de motifs de cercles suivant les chopes de bière. Lors de ces apéros juste entre nous deux, il me restait un plaisir corporel autre que celui de l’estomac : les massages de pieds et les caresses machinales aux nichons face à Docteur House, Walking Dead ou Game of Throne. Mon décolleté devenait deux boules antistress, pour enclencher cela, il nous fallait impérativement une bonne série et un bon canapé. Durant ces quelques moments, j’oubliais enfin le fromage ou la bibine, toute absorbée et engourdie par ses grifouilles et pelotages aux aréoles et tétons sans aucune pression, sans appel vers un plat suivant de résistance. Cela s’arrêta soudainement avec ma première grossesse pour ne plus jamais revenir. Le futur papa ayant désormais une nouvelle hantise : se recevoir une giclée de lait caillé en pressant mes nichons… Été 2016, tôt le matin, sous les toits, une chaleur écrasante ...
... nous maintenait au ras du matelas, je relevais péniblement la tête et extirpais un bras mou vers mon téléphone encore relié à la prise. Zéro notification, pas même un spam ou un message d’un lointain groupe dont je ne saurais plus comment j’aurais atterri là-dedans. Je pouvais presque voir rouler dans mon écran ces boules de branchage sec d’un Far West fantomatique. J’étais toujours un fantôme. Bien que rien ne m’y était adressé, je me rendis sur Facebook pour faire défiler les profils tous plus pimpants les uns que les autres, n’importe qui semblait savoir s’y vendre avec entrain, spécialement les autres aspirantes dessinatrices créatives jusqu’au bout de leurs ongles ou de leurs fripes customisées, posant fièrement avec leurs travaux en cours sur fond de plantes Monstera ou de cupcakes décorés par elle-même bien sûr. Dix ou douze ans que j’essayais vainement de nouer des liens autour de ma passion du dessin, sur les réseaux sociaux en passant par les forums ou les relances d’anciens camarades d’école d’arts. Chaque fois que je mettais un orteil dans une association de dessineux, la mort faucheuse se pointait juste derrière pour tout dissoudre. Ce n’était peut-être pas mon monde ou c’était moi qui étais naze ou les gribouilleurs n’étaient pas dotés du gène de la solidarité. Je tournai la tête vers mon compagnon encore endormi, la tête à moitié fondue dans le traversin et cette torsion du cou dont il avait le secret. Un grommellement et un changement de joue contre le ...