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Partie 1 : Une Vampire qui s'ennuie
Datte: 01/07/2026, Catégories: #nonérotique, #horreur, #personnages, fplusag, grosseins, groscul, Auteur: Plastica, Source: Revebebe
... voix rauque adoucie par une pointe d’affection. Quelques chats émergent des ombres, des créatures faméliques aux pelages miteux – un tigré avec une oreille déchirée, un noir aux yeux jaunes, et une petite tricolore qui boite légèrement. Ils approchent prudemment, reniflent les gamelles, et commencent à manger, leurs ronronnements discrets emplissant l’air. Sérène s’assoit sur ses talons, ses seins écrasés contre ses cuisses, et tire une bouffée de sa cigarette. Elle les observe, un sourire au coin des lèvres. Ces chats, elle les connaît depuis des années – certains depuis des décennies, leurs lignées se succédant sous ses yeux immortels. Ils sont les seuls êtres qu’elle se permet d’aimer ; ils ne parlent pas, ne jugent pas, et meurent assez vite pour qu’elle n’ait pas le temps de vraiment s’attacher. Mais ce matin, elle fronce les sourcils, son regard doré scrutant les ombres. — Où t’es, petit con ? marmonne-t-elle, cherchant un chat en particulier – un petit avec une queue cassée, qu’elle a baptisé Rusty. Il est toujours le premier à venir, d’habitude. Elle se redresse et fait le tour de l’entrepôt, ses talons claquant sur le gravier. L’odeur de poisson et de sel marin se mêle à une autre, plus âcre – celle du sang, mais pas humain. Elle s’arrête net, à une vingtaine de mètres de chez elle, son regard tombant sur une forme immobile près d’un tas de palettes pourries. Rusty gît là, son petit corps écrasé, la fourrure rougie par le sang, une marque de pneu ...
... bien nette traversant son flanc. La blessure est fraîche, l’odeur encore vive – ça s’est passé il y a moins d’une heure. Sérène se fige, ses iris dorés s’étrécissant, une lueur animale traversant son visage. Ses lèvres se retroussent, dévoilant ses six canines acérées, et un grognement sourd monte de sa gorge. Une fureur viscérale s’empare d’elle, comme une vague de lave dans ses veines mortes. Elle a besoin de plus de sang. Maintenant. Elle ferme les yeux, ses sens surnaturels s’aiguisant. Son ouïe, affûtée par trois cents ans de prédation, capte chaque son dans un rayon de plusieurs centaines de mètres – le clapotis des vagues, le cri d’une mouette, et puis… des voix. Masculines, avinées, à environ cinq cents mètres, près d’un quai désaffecté. — Putain, t’as vu ce chat de merde ?! dit l’un d’eux, suivi d’un éclat de rire gras. — De ouf ! Sploutch ! répond un autre. Va falloir laver tes pneus… Sérène rouvre les yeux, ses pupilles réduites à des fentes, et disparaît dans un mouvement si rapide qu’elle semble se dissoudre dans l’air. En quelques secondes, elle est là, surgissant du brouillard comme un spectre. Les trois motards, des humains dans la trentaine, sont avachis contre leurs motos – des Harley cabossées, encore chaudes de leur virée nocturne. Ils puent la bière bon marché et la sueur, leurs blousons en cuir ornés de patches mal cousus. En voyant Sérène approcher, ses talons claquant sur le bitume, ils se redressent, un sourire lubrique étirant leurs ...