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L'expiation
Datte: 16/06/2026, Catégories: #biographie, #psychologie, #société, #drame, #nonérotique, #confession, #personnages, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... heure. Seule source de vie pour moi, la lecture. Et la bibliothèque est remplie de ces morceaux d’évasion littéraires dans lequel je puise une sorte de réconfort. Les saisons avancent malgré tout et les premières rides aux coins des yeux ne sont pas forcément remarquées, faute de miroir pour refléter mon visage. Ici, les cellules sont plus petites, mais nous y sommes logées seules, alors, chacune de nous se côtoie lors des promenades, du sport, mais sans jamais s’attacher l’une à l’autre. Puis, de temps en temps, une s’en va, sans que nous sachions vraiment où elle disparaît, bien vite remplacée par une tout aussi anonyme. La vie avance malgré tout et les soucis quotidiens sont balayés par le long et lent passage des jours, ressemblant tous au précédent. Pas de télévision ; peu d’informations, et l’assistanat devient une routine. Alors… je cesse de ressasser toute l’injustice d’une situation qui a fait de moi une coupable. De toute façon, aux yeux de la loi et à travers les verdicts de deux cours d’assises, je suis et serai à jamais la complice d’un bandit, d’un homme sans honneur. Personne ne s’intéresse plus jamais à mon cas ! Et dans mes douze mètres carrés, je ne suis plus rien d’autre qu’une ombre. Celle de cette femme qui, il y a si longtemps, a aimé la mauvaise personne. Fatalité ? Destin ? Quelle importance puisque la justice a tous les droits, même celui de garder en cage des gens qui n’ont rien à se reprocher ! L’amour est donc pour moi devenu un crime… et ...
... j’expie chaque parcelle de ces jeux amoureux qui m’ont fait adorer celui qui me les distillait. Oui… je me rabougris dans ce qui, depuis de longues années, est devenu ma maison pour de bon. Mi-octobre bien des années plus tard La porte s’ouvre comme chaque matin ! Les clés de la gardienne tournent dans la serrure et la frimousse qui s’annonce donne le ton à la journée. Si la matonne est une gentille, pas trop de risques de problème, mais, en revanche, si celle qui s’enquiert de ma présence est mal lunée, tout peut dégénérer très vite. Rien n’est sûr ici et les coups de gueule amplifiés souvent pour des peccadilles. Mais celle qui me lance un « bonjour » de manière à s’assurer que je vais bien, n’a rien d’une méchante. Je sais que, dans cinq minutes, le café va m’être servi et je prépare mon bol. Quand la lourde porte se rouvre, la femme en uniforme bleu me pose la question rituelle d’usage les jours ouvrés. — Pas de courrier ? — Non, pas de lettres… Je ne rajoute pas ce matin, puisque c’est ainsi tous les jours. Et la distribution se fait par une détenue qui me sert généreusement. Celle-là a soixante piges et c’est une ancienne. Pour un salaire de misère, elle se tape le nettoyage des coursives, et la distribution des repas. Pas reluisant, bien sûr, mais sa cellule est à côté de la mienne et ils nous arrivent le soir, de taper une bavette quelques minutes, à la fenêtre. Oh, pas des dialogues sur ce qui nous a menés ici, non ! Juste des banalités pour nous donner ...