1. Les stigmates de la passion


    Datte: 15/06/2026, Catégories: nonéro, religion, vengeance, Auteur: rocknrollwolf, Source: Revebebe

    ... dans des hôtels de banlieue, et parfois, quelque part en Europe… Mais ils avaient été imprudents, elle le lui avait annoncé tranquillement ; et lui, bondissant alors hors du lit, faisant les cent pas dans la chambre, vociférant. Puis, il avait disparu… Longtemps, elle l’avait cherché, espéré sur le parvis des universités… Combien de nuits passées à parcourir fébrilement les registres d’enseignants-chercheurs ? À éplucher les réseaux sociaux, les sites de rencontre… ?
    
    Elle était à mille lieues d’imaginer qu’il portait un col romain la semaine et une aube le dimanche. Qu’on l’appelait d’un prénom autre, reçu d’un supérieur lors d’une ordination sacerdotale… Elle aurait pu ne jamais l’apprendre. Cependant, le hasard, bien que peu empressé jusqu’ici, s’était enfin décidé à user de clémence, et à le lui servir sur un plateau. Par un après-midi de fin d’été, déambulant dans la tiédeur d’une cité provençale, elle avait été attirée, au détour d’une rue, par un attroupement de gens bien vêtus devant une église ; curieuse de voir la mariée, elle s’était approchée et l’avait aperçu : gesticulant, passant d’un groupe à l’autre, jovial et empressé… Elle n’en avait pas cru ses yeux ; lui n’en avait rien su…
    
    Lorsque la famille nombreuse, occupant le rang devant elle, se fut bruyamment levée et dirigée vers l’allée centrale, la veuve se redressa et se faufila pour recevoir la Communion. Elle s’était glissée derrière un homme de haute stature et la tête légèrement inclinée vers le ...
    ... sol, piétinait en direction de l’autel, charriée par la foule de fidèles qui la conduisit jusqu’au prêtre. Quand elle fut devant lui, il eut un léger tressaillement, puis, sans sommation, leurs regards sitôt croisés s’assassinèrent en de silencieuses amabilités :
    
    « Garce ! », « Salop ! ».
    
    L’homme hésita un instant, mais jetant un œil sur la file de fidèles qui se pressaient derrière la femme, il se ravisa et bredouilla hâtivement la formule de rigueur. Face à lui, la veuve, dont le regard semblait maintenant se perdre sur les marches de l’autel, entrouvrit lentement la bouche. Hélas, le geste du prêtre fut trop hésitant. D’un prompt mouvement de mâchoires, la femme happa l’hostie… ainsi que ses doigts, autour desquels s’étaient refermées les lèvres rouges et moelleuses, serrées comme un étau. L’homme avait craint un instant la morsure. Mais non. La bouche magnifiquement fardée avait seulement exécuté, avec application, le léger va-et-vient pratiqué par toute femme souhaitant bien imprégner ses lèvres du rouge avec lequel elle les a peintes. Après cela, la veuve pivota d’un quart de tour et s’éclipsa. Machinalement, le prêtre frotta le bout de ses doigts légèrement humides et collants contre son habit, au niveau du cœur… L’aube et l’étole étaient maintenant barbouillées de ce rouge à nul autre pareil. Doux Jésus… Sans se retourner, la femme, mêlée au flux des fidèles, regagna lentement sa place…
    
    Après un court temps alloué au recueillement de chacun, et sous le regard ...
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