1. L'ours : un cri dans les bois.


    Datte: 11/06/2026, Catégories: #fantastique, #confession, bizarre, forêt, amour, fsoumise, cérébral, zoo, Auteur: Dick Laurent, Source: Revebebe

    ... communiquaient avec le mien, ont meublé mes soirées et relancé mon désir pour les choses du corps lorsque mon désir pour Alban faiblissait. Ces rencontres épistolaires selon des codes que je finissais par maîtriser remplissaient mes moments solitaires d’une douce et sensuelle musique. Étais-je encore belle et désirable, ou n’étais-je qu’une créature de papier virtuel ?
    
    Mon corps, mon ventre, mes seins, je les prenais en photos régulièrement, je m’en faisais des albums à des seules fins personnelles. Je scrutais dans la réalité photographique ce que la lumière avait révélé de moi. Ces atteintes imperceptibles du quotidien qui me poussaient dans le tourbillon du temps.
    
    Alors que mon attachement et mon amour pour Alban devenaient plus profonds, une autre réalité se faisait jour. Celle de m’éprouver pour me sentir sexuellement vivante, celle de conquérir. C’est à ce moment où l’évidence de la rencontre avec le corps de l’autre est apparue comme une nécessité. Il me fallait franchir la barrière interdite, celle d’un autre regard que celui d’Alban qui se pose sur moi, et qui regarde avec désir mon ventre dénudé. Que dire de la culpabilité mêlée de désir qui m’a alors assaillie ? Tiraillée entre l’attrait de cette barrière que je m’étais fixée et le besoin que j’avais d’écarter les barreaux de cette cage. J’aurais voulu qu’Alban ait franchi cette barrière avant, pour moi aussi, la transgresser par dépit ou par vengeance. Tout cela m’aurait rassurée, donné une logique à mes ...
    ... pulsions. Rien de tout cela n’était arrivé. Ses tourments, car il en avait, Alban les vivait en silence et avec sérénité comme des signes d’un destin qu’il avait admis.
    
    Il n’a fallu seulement qu’une simple impulsion pour franchir le pas, et cela s’est produit le plus naturellement du monde. Un coup de tête, une bêtise, un SMS qui dérape, puis des évènements qui s’enchaînent rapidement sans qu’aucune échappatoire ne soit permise, et me voilà dans cette chambre d’hôtel avec un homme torse nu allongé sur le lit avec une envie qui nous a fuis l’un comme l’autre, mais que nous devons assumer pour ne pas décevoir. Deux corps qui se cherchent et dont la complicité reste seulement une éventualité à explorer. Deux corps avec des expériences de l’amour physique différentes, qui ont aimé, qui aiment encore et qui vont chercher à bâtir tous deux une partition banale, mais espérons-la, harmonieuse pour un bref instant.
    
    Mes doigts couraient sur la pilosité discrète de son torse, sa peau, ses tétons me plaisaient, ma bouche goûtait à ce corps étranger et pourtant si banal. Il me rappelait des étreintes d’un autre temps, de ceux d’avant Alban. J’aimais ses baisers, timides et peu assurés comme ceux des premières amours adolescentes. J’aimais aussi sa queue que je branlais sans oser regarder. Une queue que je sentais rigide et frémissante. Je tirais loin vers le bas la peau du prépuce comme me l’indiquaient les mouvements de son bassin. Ses couilles étaient contractées. Lui-même jouait ...
«1...345...13»