1. L'ours : un cri dans les bois.


    Datte: 11/06/2026, Catégories: #fantastique, #confession, bizarre, forêt, amour, fsoumise, cérébral, zoo, Auteur: Dick Laurent, Source: Revebebe

    ... Mes doigts joints se sont posés sur mes lèvres et j’ai senti la douce morsure du plaisir sur ce fauteuil de jardin au milieu de nuit. Je m’offrais paisiblement à cette nature inconnue qui, je le savais, ne perdait aucun détail de cette nocturne exhibition. Mon souffle s’unissait à celui du vent dans les cimes et le plaisir me crispa. Le cri d’un hibou résonna avec le mien. J’ai sangloté de bonheur, mes larmes se sont mélangées à l’humidité de la nuit. J’étais bien.
    
    Quand je me suis réveillée, la lueur pâle du jour qui commence a guidé mes pas vers la fenêtre. Alban dormait encore. Et l’ours, où était-il ? Tapis dans les bois, guettant ma présence. J’ai saisi mon portable sur la table et j’ai saisi quelques clichés de mon corps à moitié dénudé dans la lumière du matin.
    
    Alban ne voulait pas entendre cette histoire d’ours. Dès que j’essayais d’aborder le sujet, il se renfrognait. Moi-même, je me suis crue victime d’une illusion. Et si tout cela n’était qu’un malentendu, le fruit de mon imagination trop fertile. Pourtant, chaque fois que je rentrais du travail, je ressentais une tension quasi sexuelle à l’idée de la présence de l’ours. Le fait que j’enfile à ce moment-là des jupes courtes, des culottes transparentes, que je retire mon soutien-gorge, sitôt arrivée, n’était pas fortuit. Alban ne s’y trompait pas et savait profiter de mon état en me faisant l’amour souvent. Mon corps était à lui depuis longtemps maintenant. Il est le seul homme auquel je me sois donnée si ...
    ... complètement. Ses mains sur mon cou, ses doigts dans ma bouche, la manière dont il appuyait ses paumes sur le bas de mon dos puis sur mes épaules quand il réclamait la pénétration, témoignait à l’évidence qu’il était un compagnon idéal, sensuel, fort et paisible. Nos corps accusaient quelques traces de fatigue, mais il n’y avait entre nous aucune pudeur, nous aimions nos plis, nos ridules.
    
    Pendant un temps, nous avons cru l’un comme l’autre que l’état fusionnel de notre rencontre durerait toujours. Et quand lui comme moi avons éprouvé l’émoussement du désir, nous avons puisé dans les ressources de nos fantasmes pour retrouver et relancer l’énergie qui nous faisait défaut. Discrètement, à l’insu de l’autre, nous puisions dans notre imaginaire et nos retrouvailles n’en étaient que plus intenses. Pour ma part, j’ai revisité et embelli mes amours adolescentes pour me laisser aller à des rêveries solitaires et humides. Cette fille qui osait désormais ce qu’elle n’avait pas osé à cette époque était l’héroïne de mes plaisirs solitaires. Il m’arrivait dans ces moments d’envoyer des selfies à Alban auxquels il répondait par de douces et énigmatiques réponses.
    
    Pourtant, même les rêveries les plus douces finissent elles-mêmes par s’épuiser et devenir au fil des jours fades et insipides. Ce sont les sites de rencontre qui ont alors meublé les soirées solitaires que je passais quand Alban était absent où que j’étais moi-même en déplacement professionnel. Les hommes, ou leurs avatars qui ...
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