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RETOUR A KIEV
Datte: 27/05/2026, Catégories: En solitaire, Auteur: Miss_Sexcret, Source: Hds
... m’étouffe. Les jours se répètent comme des chapelets vides. Les gestes sont mécaniques, les pensées rongées par l’attente, l’absence, le manque. Je n’ai plus de vie. Plus de désir tourné vers l’extérieur. Juste des souvenirs, des envies qui rampent sous la peau, et cette frustration lancinante qui me serre entre les cuisses. Ma vie sexuelle ? Un désert. Un néant. Une succession de nuits blêmes, peuplées seulement par ma main, mes soupirs, et les images floues que je convoque les yeux fermés. J’ai bien un copain — enfin, un sexfriend — Yuri. Un ami d’enfance devenu amant occasionnel. Mais il vit à Moscou maintenant. Il revient parfois, entre deux contrats, le temps d’une nuit volée dans un hôtel minable. C’est un corps connu, rassurant, une manière de ne pas sombrer complètement. Mais cela fait des semaines. Des mois. Et mon corps, lui, réclame plus qu’un souvenir. Il veut une peau chaude. Des doigts imprévus. Des morsures douces. De la sueur. De l’abandon. Et voilà que notre quotidien morose se voit bousculé par une menace encore plus sourde : une maladie, un virus nouveau, invisible et redouté. Le COVID-19. Les infos en parlent comme d’un fléau moderne. D’abord lointain, puis soudain aux portes de chez nous. Les rues se vident. Les magasins sont pris d’assaut. Les pâtes, le papier toilette, le sucre, tout disparaît des rayons. L’épicerie où je travaillais a été vidée en quarante-huit heures. Fermée. Et les bureaux, aussi, ont cessé de vibrer de ...
... la vie des autres. Le télétravail a avalé les open spaces. Sasha traîne de plus en plus souvent avec ses copains et copines de l’immeuble. Ils ne vont pas plus loin que le square en bas, mais je ne le vois presque plus. Il revient tard. Parfumé. Silencieux. Moi, je m’enfonce dans une solitude épaisse, collante, dont je ne peux m’extirper qu’en écrivant ou en discutant en ligne, tard le soir, avec d’inconnus qui, eux aussi, cherchent à exister quelque part (voir Comment je suis passée de l’ombre à la lumière). Sasha Sasha a grandi. Trop vite. Son corps d’adolescent s’est transformé, tendu, sculpté. Il est beau. Fort. Troublant. Et ça me fait peur parfois — pas à cause de lui, mais à cause de moi. Il a ce regard, parfois, qui glisse un peu trop bas, un peu trop longtemps, sur mes jambes quand je passe en nuisette. Il détourne les yeux. Il rougit. Moi aussi. Mais je fais semblant de ne rien voir. Et puis, un soir… elle est venue. Une fille. La voisine du sixième étage. Je me souvenais d’elle, avec ses couettes et ses genoux écorchés. Elle a bien changé. Menue, nerveuse, une beauté encore floue, mais déjà affûtée. Des ongles rongés, une bouche pleine, souple, qu’on devine habile. Le genre de fille qui rit sans prévenir et embrasse sans réfléchir. Sasha l’a fait entrer pendant que je rangeais la cuisine. Ils ont grimpé dans sa chambre. Rien de nouveau — il a l’âge, après tout. J’ai pris un livre. Fait semblant de lire. Mais les murs ici ...