1. C'est une belle journée


    Datte: 21/05/2026, Catégories: grp, Auteur: Landeline-Rose Redinger, Source: Revebebe

    ... marquer un silence interrogatif. Etonnée, je suis sortie.
    
    Bien sûr trois tubes de Passiflore n’ont pas suffi à faire venir le sommeil. Trois Lexomil n’auraient pas fait le travail non plus.
    
    A demain, dix-huit heures. Voilà ce qui comme un gyrophare tournoyait devant mes yeux grands ouverts sur la nuit noire.
    
    Je croyais ne pas m’être endormie, mais l’homme dont la bouche murmurait à mon oreille, rouge comme son confessionnal était celui de mon rêve. Joufflu et cireux.
    
    Si comme par un réflexe irréfrénable, j’avais glissé dans mon sac Balenciaga, mes Pigalle rouge et ma robe latex du même rouge, traversée d’une fermeture à glissière, pour autant une forme de frayeur me revenait par courtes vagues de mon rêve.
    
    J’avais à faire et la journée me conduirait là où précisément je devais me rendre. Tout cela bien sûr était compter sans la puissance du désir.
    
    Il était proche de dix-huit heures lorsque dans un empressement désordonné, je garai ma Mini-Cooper dans un parking-sous terrain du boulevard Denain dans le dixième.
    
    Avec le tremblement d’un fuyard, j’enfilai ma robe à même la peau et traversai le parking au claquement sec de mes haut-talons sur le bitume. Robe et escarpins, voilà ce qui m’habillait. Mains libres et pour tout dire mes bras et mes épaules nus frissonnaient sous la petite fraicheur de cette journée couverte. Quelques ruelles et quelques klaxons plus loin je filais dans l’impasse. Les cloches de l’église du quartier saluaient mon exactitude.
    
    — ...
    ... Exactitude et promptitude, voilà un bon présage.
    
    Et son sourire demeurait tout comme si cet homme n’avait pas bougé depuis la veille.
    
    Je me glissais dans l’habitacle exigu, rabattant sur moi le tissu lourd du rideau. De fait la configuration du lieu dictait l’ergonomie. Je fus donc à genoux sur le coussin moelleux de velours rouge.
    
    Trois parois, un trou par paroi. Circonférence réduite, sombre. Le O de Hole, le O de l’enseigne n’était autre que le trou du mystère. Voilà ce que j’ai pensé et ce fut-là ma seule pensée. Au soulèvement de ma poitrine mon sexe battait comme un cœur. Ma respiration prenait le rythme.
    
    Il y avait ici comme une suspension du temps et sans temporalité, sans espace le corps se vit de l’intérieur.
    
    Sans que rien ne se passe, je partais en jouissance. Mes doigts voulaient mon sexe, mais mes mains demeuraient immobiles. D’abord ce fut la peau de mon épaule que le bout d’un sexe encore flexible effleura et puis paroi de droite celui-là pointait courbe un gland costaud et déjà visqueux. C’eut été presque possible de les faire se toucher. Mes mains les astiquaient avec le rythme lent des prémices de la folie. Lorsqu’en face un membre long et tout à fait sans vigueur se colla à la paroi, je glissai fougueusement ma fermeture et quittai ma robe. Mes paumes enfermaient les deux bites parallèles pour les frotter sur le bout de mes seins. Puis je lâchais celle de droite pour égayer de ma langue celle de gauche, comme un petit serpent. Curieusement ...
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