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C'est une belle journée
Datte: 21/05/2026, Catégories: grp, Auteur: Landeline-Rose Redinger, Source: Revebebe
... le plus dingue. — Je crois que ce produit détachant est un truc miracle, fais-je à l’adresse d’Emma. — Et toi Emma. — Ben me caresser devant une meuf virtuelle enfin fictive ! pas mal non ?! — On peut dire ça, mais dis-moi, je me trompe ou tu as l’air un peu tendu. — Je suis furieuse. — Furieuse. — Cette salope m’a dit de me lâcher. — La salope ? — Oui. — Derrière la nana fictive ou la salope, il n’y aurait pas ton amie, si j’ai bien tout compris. — En quelque sorte oui. — Non, Emma, cette fille t’engage à te lâcher. — Putain, j’y crois pas, me lâcher, me lâcher ! — Le dilemme, c’est te lâcher avec elle ou « Elle » la poupée virtuelle ? — Bon en clair elle veut me baiser. — Pas forcément tu sais certaines sont des imaginatives, des metteuses en scène. — Tu crois ? — Elle a bien créé un hologramme qui à t’entendre, te rend accroc, non ? — Hum. Neuf cent mètres de bitume. Une pluie fine incessante. Le premier : — Je vous dépose mademoiselle. Le deuxième : — Alors ma jolie, on mouille. Le troisième, c’est sûr, je le tue. Mon petit amusement faisait grand bruit sur la toile. Les révoltés du vélo faisaient figure de petits chahuteurs de cour d’école. Censurée, floutée ou en boucle sur les sites pornographiques, ma petite exhibition routière faisait le buzz. Enfin bref, l’information est bien plus vile que la réalité. N’y avait-il rien d’autre pour la distraction, pour la culture de nos masses qu’une petite prestation sexy filmée par une ...
... Go-Pro, le monde est désolant. Deux filles s’étaient faites pincer nues dans leur voiture. Les villes sont connectées à vos faits et gestes, mes petites. Je n’irais pas jusqu’à dire que vous aviez oublié vos cerveaux dans la boite à gants, mais voyons. Lasse de ces turbulences médiatiques et soporifiques, je me suis plongée dans un replay de Métropolis. J’avais quelques retards sur la culture européenne. Quelques ilots étaient encore en vie. Trouver dans la sordide exigüité le climax du plaisir, voilà peut-être l’immensité de la vie. Ce n’est ni en chercheuse ni en flâneuse que j’y étais entrée. Disons que je passais. C’est un confessionnal presque ; à la fois invisible et criant. Confidentiel serait juste, oui vraiment. À main gauche d’une rue passagère, une impasse. Et pour l’œil curieux, hasardeux ou chanceux, un rayon lumineux où seules trois des quatre lettres scintillent encore. H-LE. Le O s’endort quand tombe la nuit. Porte rouge qu’il faut oser pousser. Une chaise haute, un comptoir à rabat, un petit homme bombé au sourire figé. Il y a ici le côtoiement d’un désir mortifère et celui de l’éblouissement étrange. Un rideau lourd vermillon. Derrière donc le confessionnal ; trois parois rouge-boucherie, une patère, un coussin rouge, une faible lumière noire. Je suis venue jusqu’ici. J’ai ouvert la porte rouge, souri à l’homme figé. Tiré le rideau rouge-boucherie. — À demain m’a-t-il dit, à demain dix-huit heures. Précises. Dix-huit heures. Je n’ai fait que ...